La petite librairie des gens heureux

Et si c’était La Librairie Gourmande 💜

Agréable lecture d’un livre au titre et à l’intrigue prometteurs : une librairie indépendante devient le cœur d’une petite ville anglaise. Et si c’était vrai ! Et si elle existait à Montréal ! Ne s’appellerait-elle pas Librairie Gourmande … !

Pour l’intrigue : À la mort de son père, Émilia hérite de l’appartement où elle a grandi avec lui ainsi que de sa librairie où il a passé sa vie. Ainsi, elle devra conjuguer avec les intrigues commerciales et amoureuses de son papa Julius. Elle s’installe à rebours, mais elle retrouve peu à peu les habitués, les voisins, les amis. Tous désirent ardemment la pérennité de cette librairie. Une grande solidarité prendra forme. L’histoire de chaque relation, de chaque personnage du roman s’écrit en un chapitre qui est associé à une recommandation de 10 lectures pertinentes Quelle excellente idée !

Donc voici, en avant-goût les 10 chapitres associés à 10 romans cultes :

10 héroïnes littéraires éponymes
10 manoirs de rêve dans la littérature
10 livres sur la musique
10 romans situés en Irlande
10 domestiques littéraires
Et le dernier chapitre, comme il se doit : 10 livres tournant autour de la cuisine :
Chocolat, Joanne Harris,
Heartburn, Nora Ephron
En dinant chez Quentin, Maeve Binchy (non disponible)
Cuisine et confidences, Anthony Bourdain
French Country Cookink, Elizabeth David
Toast, Nigel Slater
Charlie et la Chocolaterie, Roald Dahl
How to Eat, Nigella Lawson
The Art of Eating, M.F.K. Fisher

Malheureusement, ils ne sont pas tous disponibles, mais qu’à cela ne tienne, si vous désirez compléter la liste, vous n’avez qu’à consulter notre blogue : romandgourmands.com et pourquoi pas nous faire parvenir votre liste !

Un extrait pour donner la couleur 

Et s’achetait un nouveau livre de cuisine. C’était son petit bonheur mensuel. Les étagères de son collage avaient beau en être pleine, il n’y avait à ses yeux, pas de limite au nombre de livres de cuisine que vous pouviez posséder. Lorsqu’elle en ouvrait un, elle se déconnectait du monde extérieur. Elle se pelotonnait dans son lit et le lisait scrupuleusement, découvrait la culture culinaire d’un autre pays, salivant devant les recettes alléchantes des grands chefs ou tout simplement d’amoureux de la cuisine…(82)


Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :
Nichée dans un petit village de la côte anglaise, la librairie Nightingale est le refuge des  amateurs de livres. Un lieu préservé et hors du temps que sa propriétaire Émilia a bien du mal à maintenir à flot. Au point d’être tentée de vendre à un promoteur immobilier. Et pourtant… les lecteurs comptent sur leur petit paradis. À commencer par Sarah, l’aristocrate au coeur tendre qui vient là pour échapper à ses soucis et oublier la maladie. Jackson, lui, a  besoin de ce refuge pour essayer de renouer avec son fils. Quant à la timide Thomasina, c’est là qu’elle a eu le coup de foudre pour un homme à qui elle n’a jamais pu avouer ses sentiments… Au fur et à mesure, ces hommes et ces femmes apprennent à se connaître au milieu des étagères. Leurs destins s’entrecroisent et sont transformés à tout jamais grâce aux hasards de la vie… et au pouvoir des livres ! Un nouveau départ.

À propos de l’auteure :
Scénariste pour la télévision, Veronica Henry est l’auteure d’une douzaine de romans dont Bed & Breakfast.

Titre : La petite librairie des gens heureux
Auteure Veronica Henry
Éditeur : City Poche
Date de parution : 2018

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Un sacré Gueuleton

Par le plus gourmand des écrivains américains

Une sélection de texte, de commentaires, d’appréciation de repas tant à Paris, qu’à NY, qu’en Irlande… finalement le résumé de la vie gourmande de ce journaliste, chroniqueur, auteur et grand amoureux.
Il a alimenté les pages gastronomiques de plusieurs journaux et magazines et on retrouve dans ce livre d’excellents textes qui nous font saliver autant que rire notamment un déjeuner en compagnie d’Orson Welles, de même que celui pris à Vézelay, qui lui permettra de déguster 37 plats et 19 vins différents.
On se rappelle que son principe de vie fut La règle de base est d’être modéré à l’excès. Amateur de grands vins rouges, il dira Quand la vie décide de m’écraser, je sais que je peux faire confiance à un Bandol, à quelques gousses d’ail et à Mozart.

Le ton sarcastique de Big Jim, l’humour dévastateur sont la trame de ces articles publiés au fil de sa carrière. Un pur délice !

Un extrait pour donner la couleur 

« Si l’on devait m’apprendre que j’allais bientôt passer l’arme à gauche, j’ai souvent pensé que je rejoindrais Lyon pour y manger comme quatre durant un bon mois, après quoi on pourrait me jeter d’une civière dans le Rhône bien-aimé. Peut-être y nagerais-je au fil du courant jusqu’à Arles pour y savourer mon dernier dîner. »

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :
Tous les lecteurs de Jim Harrison connaissent son appétit vorace pour la bonne chère, les meilleurs vins et autres plaisirs bien terrestres qui irriguent son œuvre. Grâce à ce Sacré gueuleton, même les plus fidèles d’entre eux seront surpris de découvrir l’étendue de ses écrits sur le sujet. Rassemblés pour la première fois en un seul volume, ces articles publiés au fil de sa carrière ne se contentent pas de célébrer les plaisirs de la table. Savoureux quand il croque les travers comparés des critiques littéraires et des experts œnologues, féroce quand il brocarde l’affadissement du goût et la nourriture industrielle, Big Jim parle de gastronomie avec la même verve que lorsqu’il évoque la littérature, la politique, l’amour des femmes ou l’amour tout court.

À propos de l’auteur :
Né en 1937 dans le Michigan, Jim Harrison, a collaboré à de nombreux magazines, dont le New Yorker, Esquire, Sports Illustrated, New York Times; de plus, il a publié une trentaine de livres qui l’ont imposé comme l’un des plus grands auteurs américains de notre temps. Il est décédé en 2016.

Titre : Un sacré gueuleton
Auteur : Jim Harrison
Éditeur : Flammarion
Date de parution : 2018

Chambre 1002

Ou la force des Muses

Comme j’aurais aimé faire partie de ces muses de la Chef, Marie l’artiste, Gabrielle l’actrice, Ornella la sommelière, Justine le nez et Viviane la journaliste, dont la gourmandise est une merveilleuse source de bonheur partagée. Peut-on rêver meilleur aréopage !
À Paris, elles nous entraînent prendre un verre à l’Écluse et l’auteure en profite pour parler de l’excellent roman de son amie Geneviève Lefebvre Toutes les fois où je ne suis pas morte, ainsi que de l’essai hilarant de Julian Barnes, Un homme dans sa cuisine dans lequel il fait part de ses angoisses en cuisine. Recommandations partagées!

Chrystine est vraiment une épicurienne ! Elle en profite pour faire ses recommandations d’achat  pour le meilleur. Ainsi, à Montréal, on se procure le fromage chez Bleu et Persillé, son dessert chez Rhubarbe et on apporte son vin Aux Héritiers. À Paris, on prend le thé chez Mariage Frère, un verre à l’Écluse et on se pourlèche de la glace aux marrons de Berthillon; à New York, on consulte le menu d’Eleven Madison Park, et on flâne au Chelsea Market ! À Québec, ça va de soi,  au Tempura du Pavillon Lassonde à la table de Marie-Chantale Lepage.

Mais ce roman vaut plus que l’étalage des bons et beaux lieux, il met particulièrement en évidence la force de l’amitié manifestée sous toutes formes. Ne jamais sous-estimer l’impact d’un regard compatissant, d’un sourire, d’une démarche aussi mince soit-elle à une personne malade ou en état de dépendance. La vie souvent ne tient qu’à cela !

Un extrait pour donner la couleur 

« Figure-toi que les amies d’Hélène Holcomb pensent qu’elles peuvent solliciter son cerveau et l’amener à se réveiller en lui faisant sentir des odeurs de cuisine qu’elle a toujours aimées… Les arômes n’avaient peut-être pas encore agi sur Hélène, mais modifiaient doucement l’ambiance qui régnait dans l’aile où dormait la célèbre chef, en s’opposant aux relents des produits d’entretien, de sueur, de malades, tandis que les couleurs pimpantes de la salade fattouche, de la charlotte aux framboises, du tajine de poulet au citron confit, de la glace à la pistache appelaient de la joie en ces lieux si ternes. (149)

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :
Hélène, chef montréalaise mondialement connue, se rend à New York afin d’y recevoir un prestigieux prix culinaire. Sur le chemin du retour, la tragédie frappe : elle est retrouvée inconsciente à la suite d’un brutal accident de voiture. Simple malchance ou acte prémédité ? Les enquêteurs travaillent à éclaircir le mystère, mais les pistes demeurent floues autour de cette femme apparemment sans ennemis. Hélène, plongée dans un profond coma, est veillée par ses amies les plus proches qui, après plusieurs semaines passées sans observer de progrès, mettront en place une ingénieuse stratégie aromatique pour tenter de ramener à la vie celle qui était le pilier de leur groupe.

À propos de l’auteure :
Chrystine Brouillet a écrit plus d’une cinquantaine de romans, surtout policiers. Elle fait partie des quelques rares auteurs québécois à vivre de sa plume. Ces héroïnes, à l’image de son auteure, cultivent un doux penchant pour la gourmandise.

Titre : Chambre 1002
Auteure : Chrystine Brouillet
Éditeur : Druide
Date de parution : 2018

Dîner avec Edward

Histoire d’une amitié inattendue

Le secret est de traiter la famille comme des invités et les invités comme de la famille.

Découvrir un univers fabuleux – ou fabuleux prend tout son sens.

Un livre plein de recettes de vie, de suaves saveurs et de notes de vie amoureuse… Quelle lecture de fin d’été caniculaire (ce qui fut ma période de lecture), ou de début d’autre saison… Au choix!  Ce vieil homme qui vit sur Roosevelt Island, cette enclave de bonheur et de gourmandise, désemparée par la mort de son épouse de plus de 50 ans de vie commune, retrouve le goût à la vie en accueillant chaque semaine une amie qui se désagrège au rythme d’une fin de couple désarmante. Vous aurez compris que chaque rencontre, empreinte de souvenirs de bonheur, se fera autour de plats savoureux. Inutile d’attendre les moments de grande nostalgie pour lire ce roman empreint des bonnes choses de la vie, finalement !!

Un extrait pour donner la couleur 

Je cuisinai toute cette fin d’été et continuai à l’automne. Mes doigts étaient violets à force de peler les betteraves que je transformais en bortch froid. Je hachais les concombres et les tomates anciennes achetées au marché fermier pour faire du gaspacho. Quand l’atmosphère se rafraîchit, je préparais des ragoûts de lentilles du Puy qui embaumaient le thym frais et je les servais avec des merguez grillées, de la baguette croustillante et un malbec argentin généreux. Je mettais à braiser le poulet, je préparais le quatre-quarts de ma mère avec de la crème aigre et des zestes de citron, et j’étalais la pâte gorgée de beurre entre deux feuilles de papier sulfurisé pour reproduire les tartes aux fruits d’Edward. (117)


Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture)
Afin d’apaiser l’inquiétude d’une amie installée loin de New York, Isabel accepte de dîner avec  Edward, dévasté par la récente disparition de son épouse. Journaliste, la quarantaine, Isabel traverse une crise elle aussi : le naufrage de son mariage. Mais ce qu’elle ignore, c’est qu’Edward possède d’époustouflants talents de cuisinier et une solide philosophie de l’existence. Pour son hôte, Edward repasse derrière les fourneaux. Leurs rendez-vous réguliers seront l’occasion de reprendre goût à la vie, et foi dans les bienfaits d’un verre de martini ! Jalonné de préceptes de savoir-vivre, un petit précis d’optimisme et de gourmandise, un magnifique texte sur le pouvoir de résilience, l’importance de la lenteur et la force de l’amitié

À propos de l’auteure :
Née à Toronto, Isabel Vincent a fait sa carrière de reporter à New York, écrivant pour des magazines aussi prestigieux que le New York Times Magazine, le New Yorker, le Times et le New York Post.

Titre : Dîner avec Edward
Auteure : Isabel Vincent
Éditeur : Presses de la Cité
Date de parution : 2018
Traduction de l’anglais par Anouk Neuhoff

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Winston Churchill

L’aristocratie de l’ère victorienne

L’appétit de Churchill semble sans limites ! Épris de bonne chère, d’alcools raffinés et de liberté, cette image de bon vivant, enclin aux excès de tout genre, dont il a d’ailleurs lui-même cultivé le mythe a grandement contribué à sa popularité. Il aimait recevoir, et ne laissait rien au hasard, décidant du menu, et surtout du plan de table. « Et lorsque les repas au sommet permettent à ce visionnaire de planifier la paix mondiale tout en dégustant potages clairs, fruits de mer et desserts glacés arrosés de champagne Pol Roger, son bonheur est complet.

Je planche présentement sur l’histoire des menus au Québec… Ceux du début du 20e siècle comportent régulièrement : faisan et soupe à la tortue ! Quelle ne fut pas ma surprise de lire que, lors de dîners internationaux,  le  consommé de prédilection de Churchill était la soupe de tortue, plats iconiques anglais s’il en est un « un mets d’une délicatesse aujourd’hui oublié» note l’auteure.

On aime ou non Churchill, toutefois, dans la collection Biographie Gourmande, ce rappel historique et l’angle de l’excès de ce géant, demeurent une lecture divertissante.

Un extrait pour donner la couleur 

« Comment fait-il pour tenir le coup :  C’est bien simple : il boit trop, mange trop et ne fait pas de sport, révèle-t-il à son infirmière. Et aussi, surtout, il voyage au rythme de son estomac. Il se réfère lui-même au concept de tummy-time, c’est-à-dire à l’heure de l’estomac, peu importe le fuseau horaire. Il ne boit presque que du champagne Pol-Roger, offert en partie par sa très grande amie Odette Pol-Roger qui lui faisait expédier régulièrement des caisses. D’ailleurs la famille royale partage son goût en matière de champagne, toujours fournisseur officiel de Sa Majesté, rien de moins que 300 magnums furent commandés pour célébrer le mariage du prince William et de Kate Middleton. » (p.78)

« Il me faut un gobelet de sherry dans ma chambre avant le petit-déjeuner, 2 ou 3 verres de scotch avec de l’eau gazeuse avant le déjeuner , du champagne et un brandy de 90 ans d’âge avant de m’endormir le soir. » (Propos prêté à Churchill par le majordome de la Maison-Blanche, Alfonso Fields, qui lui attribue une consommation d’alcool sans limites.


Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :
« Mais où Churchill a-t-il acquis cette facilité à s’attabler avec les plus grands ? Par quel flegme traite-t-il avec eux sur un pied d’égalité pour le plus grand bonheur de tous ? Qu’il s’agisse de magnats de pétrole, de têtes couronnées, de présidents russes, américains ou même de stars de cinéma, tous sont sous le charme de Churchill et de ses qualités de convive. Les repas appréciés par Churchill l’hédoniste, deviennent une arme politique, un outil diplomatique, ce qui fait de sa vie culinaire l’une des plus palpitantes de tous les temps. »

Par l’une des grandes spécialistes de l’histoire britannique, ce livre dresse le portrait de Churchill, l’homme de tous les superlatifs, sous l’angle savoureux de la gastronomie. Cette biographie ouvre une collection consacrée aux grands personnages de l’Histoire, qui les saisit dans une intimité inédite : à table !

Il déclare a 75 ans « Écrire un livre est une aventure. Pour commencer, c’est un jouet et un amusement; puis, il devient une maîtresse et ensuite un tyran.. La dernière phase est quand, juste au moment où on s’apprête à se réconcilier avec sa servitude, on tue le monstre et on le jette au public ! »

À propos de l’auteure :
Catherine Heyrendt-Sherman enseigne l’histoire de la civilisation britannique à l’université de Reims. Selon l’éditeur « seul faux pas dans ce cursus sans tâche; être née en France, elle que l’on croit si souvent britannique ».

Titre : Winston Churchill
Auteur : Catherine Heyrendt-Sherman
Éditeur : Payot –coll. Biographie Gourmande
Date de parution : Novembre 2016

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Loin de sils maria

Et le destin finalement … !

L’histoire d’un jeune gardien de chèvre qui deviendra un des grands pâtissiers suisses et développera un empire de la confiserie, au tournant du 18e siècle. Voilà une histoire qui peut sembler banale quoique toute biographie de grands passionnés à la volonté inébranlable de croiser la réussite professionnelle demeure toujours fascinante.

J’aime ces clins d’œil littéraires qui, intercalés dans le texte, nous ramènent à notre réalité de lecteur et à ce degré de connivence que l’auteure a bien voulu mettre en place. Drôle et agréable façon de nous tenir témoin de l’évolution du petit berger, par exemple :

« On sait qu’il a fêté son onzième anniversaire lorsque se déroulent les faits qui vont décider de son étonnant destin. J’ai si souvent pensé à cet épisode que mon héros, jusqu’ici, claquemuré dans les quelques pages qui content son aventure réelle, avérée, s’en échappe pour devenir un personnage de roman. Il a désormais sa propre vie, me mène par le bout du nez et je ne peux faire autrement que suivre sa course échevelée. » (p. 17).



L’auteure laisse vivre son personnage qui rejoindra, au fil du temps son destin de grand confiseur. Des lieux prennent vie, des noms historiques s’entrecroisent : Nietzsche, Herman Hesse, Thomas Mann, Giacometti; une méthode archiconnue mais qui fait toujours son effet ! Un bonheur de partager ce métier de confiseur, caramels et marrons confits, nous fait saliver !

Un extrait pour donner la couleur 

« Franz met à cuire un mélange de sucre et d’eau. Trempe une écumoire après quelques minutes et la ressort. Une fine pellicule de sirop la recouvre, qui forme des gouttes avant de retomber. C’est le stade de la nappe, Breislauf en allemand, et puisque nous sommes en Allemagne du XVIIIe siècle, je ne ferai état que des sept degrés alors enseignés par Franz à Johann: Breilauf, Kleine Perle, Grosse Perle, Kleine Blase, Grosse Blase, Starker Bruch, Karamell. Que nous traduirons par nappe, petit perlé, grand perlé, petit soufflé, grand soufflé, grand cassé, caramel. Au petit perlé, le sucre pris entre deux doigts forme un fil qui s’étire et lorsqu’il se brise à la suite d’un trop grand écartement, se recroqueville en une petite perle … »

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :
Loin de Sils Maria, une histoire vraie, raconte l’ascension de Johann Josty, petit gardien de chèvres de 11 ans qui finira par créer, autour du célèbre café Josty, le Premier Empire de la pâtisserie du XVIIIe siècle, dans la République des Grisons.
Gian Josty, auprès de son cousin Jacob, confiseur en vogue qui l’incite à s’appeler ­désormais Johann, il apprend l’art de filer le sucre, de fouetter la crème, de dorer la pâte pour devenir compagnon. Décide enfin d’aller s’établir à Berlin, la capitale de la Prusse, où il ouvre une confiserie qui fournira bientôt la Cour en gourmandises suprêmes. Tel Napoléon, l’idole de Johann, le confiseur avance à grands pas et fonde vers 1820 un véritable empire autour du café J.Josty & Co, alors le plus célèbre d’Europe. Quelques années plus tard, de retour à Sils Maria, revigoré par ses retrouvailles avec les montagnes de son enfance, Johann, toujours aussi passionné, s’inventera un nouveau destin, participant à la magie de ce village où, depuis le milieu du XIXe siècle, accourent les célébrités du monde entier.

À propos de l’auteure :
Née à Nice, Michèle Kahn a publié une vingtaine de romans fortement ancrés dans l’histoire du peuple juif, et entraîne les lecteurs aux quatre coins du monde. Membre du Club des croqueurs de chocolat, elle a été nommée en 2003 ambassadrice de l’Académie du Chocolat de Bayonne.

Titre : Loin de sils maria
Auteure : Michèle Kahn
Éditeur : Le Passage
Date de parution : 2018

Crimes et condiments

Voltaire mène l’enquête

crimes et condiments
Ce polar réunissant éloquence et précisions historiques plaira aux curieux du Siècle des lumières et de ce philosophe français qui a marqué le 18e siècle.
Un foisonnement d’amis des arts de la table préoccupés par une enquête sur les traces d’un assassin, de même que par le trafic des épices péruviennes prennent le temps d’en discuter autour de menus quelquefois surprenants. Que penser de ces « tétines de chevreuil, blanchies à l’eau, coupées en rondelles, frites au citron, cuites en ragoût, hachées, mises en omelette, façon rognons. » Et Bon appétit ! Voltaire, entouré d’amis épicuriens aux noms peu communs, notamment Monsieur Béchameil, du cuisinier Jean-Robert Vinaigrette, «c’est un nom prédestiné…» et du cuistot
« Hippolyte Ragoût, il s’appelle réellement Ragoût ? ça ne s’invente pas, dit Voltaire».
Les intrigues et les festins s’entremêlent…  voilà qui rend la lecture savoureuse.

Un extrait pour donner la couleur 

« On leur présenta une volaille servie dans une énorme barbotine en forme de tourterelle. En ces temps de course effrénée au progrès, la mode de l’innovation s’était étendue à l’Art culinaire​. « Le cuisinier de la princesse avait créé pour elle le pigeon à la Lixen . Après avoir eu le cou tordu, l’animal avait été longuement frappé au battoir de manière à briser chacun de ses os, ses organes avaient été mis au pressoir pour en extirper le jus, la peau exposée au feu pour la rendre croquante. Le sang, mêlé de citron pour l’empêcher de se figer, avait été tamisé, délayé de jaune d’œuf, agrémenté de persil haché. Voltaire espéra que la victime n’avait pas trop souffert… » (p.54)

 

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :
Prenez un philosophe bien à point, faites-le mariner, lardez quelques victimes, laissez mijoter les suspects, assaisonnez de quelques scandales, pimentez l’intrigue, salez les rebondissements, saupoudrez de dialogues croustillants, enrobez dans un style onctueux et servez chaud.
En pleine révolution culinaire, Voltaire enquête sur les traces d’un assassin qui sème derrière lui, tartes au cyanure et ragoûts à l’arsenic. L’aide de la brillante marquise du Châtelet, experte en recherches scientifiques, et de l’abbé Linant, fin gourmet, ne sera pas de trop pour rendre l’appétit aux gastronomes !

À propos de l’auteur :
Spécialiste du polar historique,  Frédéric Lenormand ajoute une pointe d’ironie philosophique et crée ainsi la série Voltaire mène l’enquête. Il a reçu en 2011, le Prix Arsène Lupin, le Prix de Montmorillon et le Prix Historia du polar historique.

 

Titre : Crimes et condiments
Auteur: Frédéric Lenormand
Éditeur : JC Lattès et Livre de poche – policier
Date de parution : 2014

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