Le vin à la belle étoile

Montréal, le 18 avril 2015 – Chère Anne, «  Bienvenue dans cet univers où humaine est dédiée à l’art de vivre, à la révélation du terroir et à l’âme des vins du Sud.»

img1c1000-9782732470696 Le vigneron Gérard Bertrand de passage à Montréal en avril dernier m’a ouvert ce monde mystérieux de la biodynamie car les domaines du vigneron sont cultivés dans le respect de cette philosophie qui établit le lien entre vin et chemin spirituel. « Porteur d’un message, le vin doit élever, éveiller l’âme et rapprocher les hommes ». Tout dans son discours porte à la réflexion sur ce nectar, loin de l’enivrement et de l’excès. Au Clos d’Ora, Gérard Bertrand concrétise un rêve, soit celui de réaliser un vin d’inspiration quantique, vibrant à travers le corps, l’âme et l’esprit. Quel bonheur de déguster ce vin avec l’auteur, un homme profond et intuitif, diront certains, mais surtout humain, sincère et même… joyeux !
Toujours l’art de vivre et la douceur méditerranéen pour cet homme de goût en quête de sens !

Un extrait pour donner la couleur

« En me rappelant la visite des chais, je frissonne. Pas au souvenir de la fraîcheur de cette cave magnifique, mais plutôt en me remémorant les sensations que j’ai éprouvées dans l’immense chai à barriques aux allures sacrées. Certains murs, je m’en souviens, suintent l’eau d’une source cachée. Oui, il existe un mystère qui me ramène aux côtés de mon père, tout près de ces paroles «  Le vin est la quintessence de l’art de vivre » disait-il souvent ! » (page 135)

2199275-3066455

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :
En quête de sens, Gérard Bertrand  va plus loin et dépasse les limites du rôle d’entrepreneur viticole : avec lui, le vin s’allie naturellement à la spiritualité. Comme l’avaient perçu les civilisations anciennes, le vin est un objet de méditation, un breuvage multidimensionnel. Son ouvrage  passionnera les amateurs de vin, les entrepreneurs, les amoureux de rugby et, plus généralement, tous ceux qui s’engagent dans une démarche de développement personnel.

À propos de l’auteur: 713641-gerard-bertrand-ul-myop-5220
D’abord rugbyman célèbre, Gérard Bertrand  commence à travailler avec son père qui lui a transmis sa passion du terroir, pour les caves du Domaine de Villemajou à Boutenac dans les Corbières. En 1992, il créé la société des vins Gérard Bertrand qui s’emploie à développer la notoriété des plus beaux crus du Languedoc en France et dans cent pays au monde. En 2015, il est nommé Signature de l’année par Bettane et Desseauve.

Titre : Le vin à la belle étoile
Auteur : Gérard Bertrand
Éditeur : La Martinière
Date de parution : 2015

Pour vous le procurer

25458-650x330-autre-domaine-gerard-bertrand-coteaux-du-languedoc

Publicités

À la découverte de Jehane Benoit

Le roman de la grande dame de la cuisine canadienne

indexSous le couvert d’une longue fiction, ce roman est une étonnante biographie de celle qui a codifié la cuisine canadienne-française. Avec bonheur, on s’attache au narrateur, un journaliste politique qui découvre et fouille la vie de celle qui fut « notre fine gastronome » des années 50-60.
Gardons en mémoire que cette grande dame a publié plus de 25 ouvrages de cuisine. Bilingue, elle a travaillé à la radio et à la télé, tant à Toronto qu’à Montréal, d’un océan à l’autre. On la suit en amour, en affaires, ainsi que pendant la guerre et dans les dédales de sa vie qui n’a rien de commun avec ses contemporaines. Finalement, ce mélange de réalité et de fiction est une idée fort intéressante car on apprend à aimer et à respecter celle qu’on est presque en train d’oublier !!

Un extrait pour donner la couleur

«Mon père allait souvent le midi manger au Salad Bar, rue Sherbrooke Ouest.  C’est ainsi que ma mère s’inscrivit au Fumet de la Vieille France. Souvent elle m’a parlé de Jehane Benoit, devenue très médiatisée, surtout en 1955, lorsqu’elle a publié Jehane Benoit dans sa cuisine, un vrai best-seller,  annonçant le succès inégalé de son Encyclopédie.»

JehaneBenoitCuisineSutton

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :

Une vente-débarras chez Jehane Benoit, récemment décédée, incite un journaliste à partir sur les traces de celle qui fut la première vedette de la cuisine au pays. Au fil d’une vaste recherche ponctuée de rencontres, de trouvailles et de questionnements, l’homme rassemble les ingrédients qui constitueront un portrait intimiste de cette gastronome, cuisinière, écrivaine et animatrice de radio et de télévision.

À propos des auteures : AVT_Marguerite-Paulin_3184

Marguerite Paulin possède un doctorat de l’Université McGill. Elle a publié plusieurs biographies, dont celle de Félix Leclerc et René Lévesque. Marie Desjardins, Ph. D., a enseigné la littérature à l’Université McGill et est également  l’auteure de portraits biographiques.

 

Titre : À la découverte de Jehane Benoit: le roman de la grande dame de la canadienne
Auteures : Marie Desjardins et Marguerite Paulin
Éditeur : LES EDITEURS REUNIS
Date de parution : 2012

 Pour vous le procurer

activite_607

Victoire, les saveurs et les mots

contentC’est avec une affection toute particulière que Maryse Condé brosse le portrait attachant de cette femme, Victoire Quidal, qui ne sait ni lire ni écrire, qui est la meilleure cuisinière qu’elle n’a jamais connue et qui fut aussi sa grand-mère. Victoire est née dans les années1870 à Marie-Galante, île des Caraïbes. Son père : un soldat blanc de passage et une mère noire, meurt en la mettant au monde alors qu’elle n’a que 14 ans.

Servante analphabète, ballottée par la vie, Victoire trouve dans la cuisine un moyen merveilleux pour exprimer ce qu’elle est incapable de mettre en mots, elle qui ne parle que le kreyol et n’aime que la musique. Une vie faite de peine, de travail, de frustration, de souffrance. C’est une fabuleuse cuisinière, une créatrice qui s’épanouit devant ses fourneaux, devant les ingrédients qu’elle marie de manière souvent inattendue pour les transformer en mets succulents… d’ailleurs, à force de lire les menus, on a envie de s’y mettre !

ddbe8f6eb7f48f3c009f29f67611eaf3creolebleue

Un extrait pour donner la couleur

Son image est malaisée, difficile à cerner. Pour les uns, elle fut belle. Pour les autres, blafarde et laide. Pour certains, ce fut une créature soumise, illettrée, sans intérêt. Pour d’autres, un véritable Machiavel en jupons. (.. .) Tel qu’il est, je livre le portrait que je suis parvenue à tracer, dont je ne garantis certainement pas l’impartialité, ni même l’exactitude.

53611

 

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :

Victoire ne savait nommer ses plats et ne semblait pas s’en soucier. Elle était enfermée le plus clair de ses jours dans le temple de sa cuisine, petite case qui s’élevait à l’arrière de la maison, un peu en retrait de la case à eau. Sans parler, tête baissée, absorbée devant son potajé tel l’écrivain devant son ordinateur. Elle ne laissait à personne le soin de hacher un cive ou de presser un citron comme si, en cuisine, aucune tâche n’était humble si on vise à la perfection du plat.

À propos de l’auteure: Maryse-Condè_784x0

Marise Liliane Appoline Bocoulon, dite Maryse Condé, est née en 1937 à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Elle étudie à la Sorbonne, devient journaliste à la BBC et publie de nombreux romans historiques. Elle reçoit en 2007, le Prix Tropiques, pour Victoire, les saveurs et les mots.

Titre : Victoire, les saveurs et les mots
Auteur : Maryse Condé
Éditeur : Gallimard
Date de parution : 2007

Pour vous le procurer

Les Ignorants

Deux hommes et leurs passions : le bédéiste, le vigneron

Les Ignorants - ÉTIENNE DAVODEAU Un fil conducteur : l’amour indéfectible de leur métier, création de roman graphique et propriétaire de vignoble ainsi que la transmission du savoir.

Un plaisir de les suivre dans leur quotidien respectif, à travers ces deux univers tellement différents, mais ô combien semblables quand vient le temps d’identifier la curiosité de connaître l’environnement de l’autre. Tant le bédéiste que le vigneron ont bien joué le jeu, nous permettant d’assister à la production d’UN vin et d’UNE bande dessinée et ce, dans les moindres détails, vivant les grands bonheurs mais aussi et surtout les ennuis et les moments creux où le succès n’est pas nécessairement au rendez-vous dans la quotidienneté.

Un coup de crayon magnifique, toujours ambré, où la couleur terre semble nous accueillir, loin de la couleur séduisante des bandes dessinées classiques.

Un roman graphique didactique, empreint de passions.
Une brique de 267 pages… IGNORANTS_20-edit-ret-220x300

Un extrait pour donner la couleur

Quelques jours plus tard, nous passons à proximité d’un gars qui désherbe ses vignes chimiquement. Je ne peux pas m’empêcher de constater que…
– C’est quand même vachement moins fatigant que votre technique, hein ?
– Tu as remarqué ? Dans sa cabine, avec sa combinaison et son masque, aujourd’hui, ce mec-là ne va sans doute toucher ni sa terre ni sa vigne. La proximité physique et donc mentale, du vigneron avec son travail… Pense à ça quand tu bois ton vin.

question-ret1

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :

Un vigneron chez Jean-Pierre Gibrat ou chez Emmanuel Guibert, et un auteur de bande dessinée dans la vigne : mais qui sont-ils ? Deux ignorants ! Comment, pourquoi, et pour qui faire des livres ou du vin ? Les réponses à ces questions forment le récit vivant et joyeux d’une initiation croisée.

À propos de l’auteur: Photo-DAVODEAU-LEROY-cr.F.Roy_1-300x225

Né en 1965, Étienne Davodeau a complété des études en arts plastiques. Son œuvre alterne fictions et récits réalistes et ses histoires, toujours ancrées dans le réel, tracent des portraits bien vivants de gens ordinaires aux démêlés particuliers.

Titre : Les Ignorants
Auteur : Étienne DAVODEAU
Éditeur : Futuropolis
Date de parution : 2011

Pour vous le procurer

Un homme dans sa cuisine

« Quand j’étais petit, dans les années 50, l’idée d’un homme dans la cuisine était grotesque ». Mais un bout de vie de célibat apprendra à Julian Barnes que cuisiner peut-être un vrai bonheur! Voilà qu’il découvre, après de savantes déductions quel type de cuisinier il est, soit un obsessionnel anxieux. Çà dit tout – il a l’obsession de la perfection et il est anxieux de ne pas réussir aussi bien qu’on le dit dans les livres.

L’obsessionnel est un adepte du savoir-faire des autres, précise-t-il, donc il cuisine avec des livres de cuisine – mais il proteste contre leur imprécision, avec beaucoup d’humour ! Des imprécisions qui le dérangent profondément et qui constituent d’ailleurs des irritants pour l’obsessionnel, notamment, qu’elle est la différence entre un filet et quelques gouttes d’huile, entre trancher et découper, que signifie verser un verre de vin blanc?

Outre les recettes, il aborde différents sujets dont l’utilité des ustensiles de cuisine, la place des convives lors de réceptions intimes ou plus élaborées et tout ce qui peut l’obséder et qui semble si naturel et acquis pour les gourmets et gourmands.

Un récit drôle et intime écrit par un philosophe anglais !

Un extrait pour donner la couleur

La cuisine consiste à transformer l’incertitude (la recette) en certitude (le plat) via beaucoup de chichis !

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture)

Un des plus célèbres écrivains anglais d’aujourd’hui va nous livrer ici le désopilant récit de ses trouvailles (parfois curieuses, voir le saumon aux raisins secs), de ses échecs (souvent savoureux, voir pourquoi il a raté le lièvre à la sauce au chocolat) et de ses coups de gueule (ah, ces livres de cuisine tous aussi imprécis les uns que les autres !).

À propos de l’auteur :art-barnes2-420x0

Julian Barnes, journaliste et auteur prolifique qui a publié des dizaines de romans traduits en plus de vingt langues, dont en 1986, Le Perroquet de Flaubert pour lequel il a obtenu le Prix Médicis.

Titre : Un homme dans sa cuisine
Auteur : Julian Barnes
Éditeur : Gallimard, Folio
Date de parution :
Traduction de l’anglais The Pedant in the Kitchen par Josette Chucheportiche

Pour vous le procurer

La dynastie des Chevallier

 Les petits plaisirs se démocratisent !

L’auteure, Emmanuelle Friedmann est historienne et se passionne pour l’histoire sociale, dont la saga d’une famille de chocolatiers, Les Chevallier à la fin du 19e siècle menant à la naissance d’un produit, le chocolat.

Apprenti chez un apothicaire, Victor, le premier de la dynastie expérimente des médicaments à partir de la fève de cacao, utilisée que pour ses vertus thérapeutiques. En secret, il apprécie le goût suave de cette fève. Afin de partager son plaisir, il entreprend la fabrication de petites plaquettes de morceaux détachables – ça vous dit quelques chose n’est-ce pas !! Pour satisfaire à la demande, il décide de construire une fabrique de chocolat. Et tout autour, il créé une cité ouvrière permettant aux familles de vivre décemment en mettant à leur disposition des maisons individuelles à bas prix. Puis il installe une école gratuite et obligatoire jusqu’à l’âge de 12 ans.
Même si les personnages de la famille Chevallier sont un produit de l’imaginaire de l’auteure, ils nous permettent de vivre l’ensemble des événements marquants de ce siècle, notamment la Révolution industrielle, le développement du chemin de fer, l’apparition de l’automobile, l’exposition universelle de Paris en 1900. On traverse la première grande guerre menant à la mobilisation de tous les hommes remplacés par les femmes comme ouvrières à la Chocolaterie. On assiste également à la naissance de la publicité et en finale, le krack boursier alors que l’expansion de l’entreprise commence  à prendre forme en 1929, du côté de l’Amérique.

chocolat_lindt_1889

Non seulement l’auteure nous raconte les débuts de l’industrialisation du chocolat, mais également les innovations pour déguster le cacao… D’ailleurs en exergue, on y trouve quelques recettes dont La pintade au cacao que je me promets bien d’essayer.

Un extrait pour donner la couleur :

Un matin, alors que le petit déjeuner était servi dans la salle à manger, Jackie, troublé par la vue de Madeleine qui venait de lui apporter son bol de lait chaud, laissa tomber un morceau de chocolat dans le fond de son bol.
Le temps qu’il attrape sa cuillère pour le récupérer, le chocolat avait partiellement fondu. Il saisit le morceau de chocolat et l’étala sur une tranche de pain qui était dans son assiette. Louis qui n’avait rien vu du manège de son fils, eut soudain les narines chatouillées par un parfum de chocolat. «Grand-père, c’est délicieux le chocolat tartiné. Goûtez! Il faut que nous en fabriquions ! » (p. 116)

N-2174-befrImg1

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :

Rythmée par les innovations des pionniers du chocolat. De la Commune au krach boursier de 1929, une saga familiale gourmande, trépidante, pleine de passions et de déchirements, portée par le souffle de la grande Histoire

À propos de l’auteur : FRIEDMANN Emmanuelle

Titulaire d’un diplôme en histoire économique et sociale, Emmanuelle Friedmann est journaliste et auteure de plusieurs livres. Elle réside à Paris.

 

Titre : La dynastie des Chevallier
Auteur : Emmanuelle FRIEDMANN
Éditeur : Calmann-Lévy
Date de parution : 2013

Pour vous le procurer

D’Artagnan à New York

4788Fille d’un grand chef français André DAGUIN, a 18 ans Ariane décide de quitter la France et de s’installer à NY. Elle arrive avec dans ses bagages le roman Les trois mousquetaires, ce qui l’inspirera pour la raison sociale de sa compagnie D’ARTAGNAN !

D’ailleurs elle se rend compte que ce n’est pas l’idée marketing du siècle :

1– les américains sont incapables de prononcer Dartagnan et

2- n’ont aucune référence à ce roman français du 19e siècle-on peut bien comprendre !!

Pour la petite histoire : dans les années 1970 :

La vente de foie gras CRU est interdite sur le territoire américain – seul les conserves sont permises

Elle deviendra la première importatrice de foie gras aux Etats-Unis.

Rapidement, elle se rend bien compte qu’il serait plus facile d’en faire l’élevage. Après quelques recherches, elle fait la connaissance d’un israélien – éleveur de canard gavé. Avec lui, elle commence a en faire le commerce, pour constater rapidement que les Américains ne consomment ni les cuisses (ne connaissent pas encore les confits), ni le magret. Ainsi, le soir, seule dans son appart de Brooklyn elle cuisine cuisses et magrets afin de les vendre en pâté, en confit, fumé… séché…

Problème d’identification en anglais : foie gras : fat liver- foie graisseux… discussion, échange avec les fonctionnaire finalement elle réussit a garder le nom français : foie gras. Belle victoire !

Elle devient vite l’enfant chérie des émissions de télévision américaines Ils adoptent cette grande blonde au franc parler, au fort accent français, sa carrure sportive -pas loin de 6 pi- ils reconnaissent aussi sa combativité.

Des ennuis, elle en a vécus en quantité … notamment

  • l’offensive anti foie-gras mené à Chicago – fin des 1990
  • la crise de la listéria en 2000 et le rappel de tous ses produits

Puis, elle met sur pied avec Hélène Darroze et Anne-Sophie PIC  : l’association des nouvelles Mères cuisinières – dont Anne Desjardins du restaurant L‘Eau à la bouche est membre active.

Elle écrit sa biographie avec beaucoup de franchise, d’ailleurs on sent la colère, la tenacité dans cette bataille qu’elle mènera sur tous les fronts !Mais on sourit quand même : entre autre parce qu’on admire sa combativité presque extrême – on sent qu’elle ne lâchera jamais le morceau.

Aujourd’hui, d’Artagnan vaut 50 M $ et à des ramifications à travers l’Amérique.

Un roman sympathique qui nous donne un bel exemple de ce qu’est la passion.

Pour vous le procurer