Le Plongeur

Ode à Loto-Québec qui envahit tous les recoins du Québec de machines vidéo poker !!!

le-plongeur569 pages dans le redoutable monde de la cuisine, comme l’a si bien situé René Homier-Roy.
Un roman d’observation urbaine qui ouvre la porte sur cet univers, dans lequel on pénètre discrètement, par la porte arrière, celle réservée aux plongeurs et autres employés. Un roman qui sent la friture et la fumée de cigarette où une toque détrempée de sueur, une chemise souillée de jus de poisson devient une obsession. Page après page, on suit l’étudiant en graphisme qui, pour satisfaire son addiction au jeu, évolue dans ce monde de la restauration ou cuisinier, barmaids et busboys passent à la vitesse de l’éclair. Entouré « de bonnes personnes », comme il aime les nommer, l’aide-cuisinier Bébert, son cousin trifluvien Malik qui tentent de lui rendre la vie simplement vivable et surtout d’étouffer cette obsession pour les machines de vidéo poker qui sont placées dans tous ces bars de coins de rue. Son quotidien ne m’a jamais paru aussi révélateur de l’emprise de cette Société d’état qui s’enrichit au détriment des malades du jeu compulsif. Une réflexion s’impose et l’auteur ouvre la porte !

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Un extrait pour donner la couleur

Bébert a débité à toute vitesse ce que j’avais à faire. Il a lancé sur une des tables en stainless une dizaine de sacs d’épinards. Je devais les trier et les équeuter. Il est retourné dans le walk-in pour rapporter deux cartons cirés qu’il a jetés au pied de l’évier.
Je devais choisir une vingtaine de laitue romaine, le double pour la laitue frisée, les effeuiller, les laver dans l’eau glaciale, les assécher avec une essoreuse encombrante qu’il fallait que je coince contre moi pour l’utiliser. (p. 67)

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Quelques notes de l’éditeur (4 e de couverture) :
Montréal, hiver 2002. Le narrateur n’a pas vingt ans. Il aime Lovecraft, le métal, les comic books et la science-fiction. Étudiant en graphisme, il dessine depuis toujours et veut devenir bédéiste et illustrateur. Mais depuis des mois, il évite ses amis, ment, s’endette, aspiré dans une spirale qui menace d’engouffrer sa vie entière : c’est un joueur. Il joue aux loteries vidéo et tout son argent y passe. Il se retrouve à bout de ressources, isolé, sans appartement. C’est à ce moment qu’il devient plongeur au restaurant La Trattoria, où il se liera d’amitié avec Bébert, un cuisinier expérimenté, ogre infatigable au bagou de rappeur, encore jeune mais déjà usé par l’alcool et le speed.

stephane-larueÀ propos de l’auteur :
Né à Longueuil en 1983, Stéphane Larue doit ressembler peut-être à son protagoniste étudiant
en graphisme.

Titre : Le Plongeur
Auteur : Stéphane Larue
Éditeur : Le Quartanier
Date de parution : octobre 2016

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La mafia se met à table

Histoires et recettes de l’illustre société

indexPetit livre savoureux autant par les recettes qu’on y retrouve que par la découverte de ce monde mafieux, présenté avec humour. L’auteur présente 10 rendez-vous authentiques en les illustrant de véritables festins, servis lors de ces rencontres décisives, incluant les menus et les vins qui les accompagnent. Surprenant de lire le Banquet de Messine de 1860, «croyant offrir la Sicile à Victor-Emmanuel, roi de Piémont, Garibaldi vient d’en faire cadeau aux zii de la Mafia. Reconnaissants, les chefs de familles offrent au au «libérateur» un banquet qui devait lui rester sur l’estomac». À retenir, autant l’anecdote historique que les menus et recettes aux noms évocateurs : courge à l’aigre-douce, flan de châtaignes, cocktail de pâtes froides… !!

 

Un extrait pour donner la couleur

Vive Mussolini, Vive Don Cuccio, Vive la Mafia – 1924 – Quelle drôle d’idée avait eue Mussolini de venir rendre visite à cette petite bourgade de Piana dei Greci, à une heure de voiture de Palerme! Six ans plus tôt, le roi lui-même, dans ce fief mafioso, s’était aperçu que c’était un petit homme noiraud nommé Don Cuccio Cuscia qui était dans ces lieux le seul maître après Dieu. Peut-être même avant…

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Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture)

Douze ans de séjour en Italie m’ont appris que l’histoire de la Mafia s’identifie absolument avec l’histoire de la gastronomie sicilienne. Les pezzi da novante, les poids de quatre-vingt-dix, comme on appelle les capi de l’Honorable Société, en vertu de leur poids en respect, savent peaufiner leurs menus avec autant de soin qu’ils en mettent à préparer leurs crimes. Cuscinate il delitto, cuisiner le délit, est une expression insulaire dont la signification est loin d’être casuelle.

À propos des auteurs:

Jacques Kermoal a exercé la fonction de grand reporter. Journaliste, Martine Bartolomei a assuré la partie cuisine de cet ouvrage.

 
Titre : La Mafia se met à table
Auteur : Jacques Kermoal et Martine Bartolomei
Éditeur : Actes Sud et Babel
Date de parution : 1986

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Dolce Agonia

Le roman que j’aurais voulu écrire !

agoniaUn trait de génie que ce scénario où la fin n’est que le début de chaque histoire ! et où, finalement, malgré les longs détours de vie, chaque destin ne semble fondamentalement éclairé que par l’amour.
Lors de la Thanksgiving, 12 amis se rencontrent autour d’un festin bien arrosé. Ensemble, romanciers, boulanger, juriste, ex-maitresses, forment un huis-clos et les préparatifs du repas deviennent prétexte à confidences. Une tempête les retient pour une longue nuit  où, l’alcool aidant, les confidences intimes dévoileront leur intense vulnérabilité face à ce narrateur, nul autre que Dieu lui-même qui seul, connaît la fin !!!

Ce bouquin nous impose une introspection, une évaluation du chemin parcouru et si tant est, celui qui nous reste, si court soit-il.

Un extrait pour donner la couleur

Beth est en train de sortir les petits sacs des grands – ah oui les amuses-gueules : chips, nacho, guacamole, cacahuètes, bretzels, le tout marqué «allégé en matières grasses … peu de calories … peu de cholestérol … peu de sel. Les yeux étincelants d’ironie, les yeux de Rachel rencontre le regard de Sean… puis se tourne vers le placard pour chercher des bols où entasser ces péchés insipides, des dangers dilués, des transgressions calibrées.

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :

Dieu, qui se prend sans doute pour un romancier, se livre ici au malicieux plaisir de nous montrer, au début de chaque chapitre, vers quel destin s’acheminent à leur insu douze convives qui passent ensemble une soirée de Thanksgiving dans l’Amérique profonde. Ces convives, campés avec l’autorité que leur donne une romancière rompue à l’art de révéler le vertige des pensées et la valse des sentiments, conversent sur la naissance et la mort, ils discutent de l’existence et de l’amour, ils déballent leurs espérances et leurs désillusions, et font voir, au passage, le métissage complexe de leur société. Mais le lecteur, averti du sort qui les attend, assiste à leurs manèges avec, dans sa conscience, le poids d’une vérité qu’il est incapable de leur transmettre. Peu à peu apparaît ainsi l’étrange relation que le roman entretient parfois avec notre propre vie.

À propos de l’auteure :web_MG_7061_900

Nancy Huston, née en 1953 à Calgary en Alberta au Canada, d’expression anglaise et française. À 20 ans, elle s’installe à Paris pour poursuivre ses études et elle y vit toujours. Sa carrière de romancière débute en 1981 avec Les Variations Goldberg. Elle également musicienne et la musique inspire plusieurs de ses romans.

Titre : Dolce Agonia
Auteur : Nancy Houston
Éditeur : Actes Sud
Date de parution : 2002
Traduction de l’anglais par l’auteur

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