Dîner avec Edward

Histoire d’une amitié inattendue

Le secret est de traiter la famille comme des invités et les invités comme de la famille.

Découvrir un univers fabuleux – ou fabuleux prend tout son sens.

Un livre plein de recettes de vie, de suaves saveurs et de notes de vie amoureuse… Quelle lecture de fin d’été caniculaire (ce qui fut ma période de lecture), ou de début d’autre saison… Au choix!  Ce vieil homme qui vit sur Roosevelt Island, cette enclave de bonheur et de gourmandise, désemparée par la mort de son épouse de plus de 50 ans de vie commune, retrouve le goût à la vie en accueillant chaque semaine une amie qui se désagrège au rythme d’une fin de couple désarmante. Vous aurez compris que chaque rencontre, empreinte de souvenirs de bonheur, se fera autour de plats savoureux. Inutile d’attendre les moments de grande nostalgie pour lire ce roman empreint des bonnes choses de la vie, finalement !!

Un extrait pour donner la couleur 

Je cuisinai toute cette fin d’été et continuai à l’automne. Mes doigts étaient violets à force de peler les betteraves que je transformais en bortch froid. Je hachais les concombres et les tomates anciennes achetées au marché fermier pour faire du gaspacho. Quand l’atmosphère se rafraîchit, je préparais des ragoûts de lentilles du Puy qui embaumaient le thym frais et je les servais avec des merguez grillées, de la baguette croustillante et un malbec argentin généreux. Je mettais à braiser le poulet, je préparais le quatre-quarts de ma mère avec de la crème aigre et des zestes de citron, et j’étalais la pâte gorgée de beurre entre deux feuilles de papier sulfurisé pour reproduire les tartes aux fruits d’Edward. (117)


Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture)
Afin d’apaiser l’inquiétude d’une amie installée loin de New York, Isabel accepte de dîner avec  Edward, dévasté par la récente disparition de son épouse. Journaliste, la quarantaine, Isabel traverse une crise elle aussi : le naufrage de son mariage. Mais ce qu’elle ignore, c’est qu’Edward possède d’époustouflants talents de cuisinier et une solide philosophie de l’existence. Pour son hôte, Edward repasse derrière les fourneaux. Leurs rendez-vous réguliers seront l’occasion de reprendre goût à la vie, et foi dans les bienfaits d’un verre de martini ! Jalonné de préceptes de savoir-vivre, un petit précis d’optimisme et de gourmandise, un magnifique texte sur le pouvoir de résilience, l’importance de la lenteur et la force de l’amitié

À propos de l’auteure :
Née à Toronto, Isabel Vincent a fait sa carrière de reporter à New York, écrivant pour des magazines aussi prestigieux que le New York Times Magazine, le New Yorker, le Times et le New York Post.

Titre : Dîner avec Edward
Auteure : Isabel Vincent
Éditeur : Presses de la Cité
Date de parution : 2018
Traduction de l’anglais par Anouk Neuhoff

Pour vous le procurer

Publicités

Crimes et condiments

Voltaire mène l’enquête

crimes et condiments
Ce polar réunissant éloquence et précisions historiques plaira aux curieux du Siècle des lumières et de ce philosophe français qui a marqué le 18e siècle.
Un foisonnement d’amis des arts de la table préoccupés par une enquête sur les traces d’un assassin, de même que par le trafic des épices péruviennes prennent le temps d’en discuter autour de menus quelquefois surprenants. Que penser de ces « tétines de chevreuil, blanchies à l’eau, coupées en rondelles, frites au citron, cuites en ragoût, hachées, mises en omelette, façon rognons. » Et Bon appétit ! Voltaire, entouré d’amis épicuriens aux noms peu communs, notamment Monsieur Béchameil, du cuisinier Jean-Robert Vinaigrette, «c’est un nom prédestiné…» et du cuistot
« Hippolyte Ragoût, il s’appelle réellement Ragoût ? ça ne s’invente pas, dit Voltaire».
Les intrigues et les festins s’entremêlent…  voilà qui rend la lecture savoureuse.

Un extrait pour donner la couleur 

« On leur présenta une volaille servie dans une énorme barbotine en forme de tourterelle. En ces temps de course effrénée au progrès, la mode de l’innovation s’était étendue à l’Art culinaire​. « Le cuisinier de la princesse avait créé pour elle le pigeon à la Lixen . Après avoir eu le cou tordu, l’animal avait été longuement frappé au battoir de manière à briser chacun de ses os, ses organes avaient été mis au pressoir pour en extirper le jus, la peau exposée au feu pour la rendre croquante. Le sang, mêlé de citron pour l’empêcher de se figer, avait été tamisé, délayé de jaune d’œuf, agrémenté de persil haché. Voltaire espéra que la victime n’avait pas trop souffert… » (p.54)

 

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :
Prenez un philosophe bien à point, faites-le mariner, lardez quelques victimes, laissez mijoter les suspects, assaisonnez de quelques scandales, pimentez l’intrigue, salez les rebondissements, saupoudrez de dialogues croustillants, enrobez dans un style onctueux et servez chaud.
En pleine révolution culinaire, Voltaire enquête sur les traces d’un assassin qui sème derrière lui, tartes au cyanure et ragoûts à l’arsenic. L’aide de la brillante marquise du Châtelet, experte en recherches scientifiques, et de l’abbé Linant, fin gourmet, ne sera pas de trop pour rendre l’appétit aux gastronomes !

À propos de l’auteur :
Spécialiste du polar historique,  Frédéric Lenormand ajoute une pointe d’ironie philosophique et crée ainsi la série Voltaire mène l’enquête. Il a reçu en 2011, le Prix Arsène Lupin, le Prix de Montmorillon et le Prix Historia du polar historique.

 

Titre : Crimes et condiments
Auteur: Frédéric Lenormand
Éditeur : JC Lattès et Livre de poche – policier
Date de parution : 2014

Pour vous le procurer

Étoiles

Ode à l’amour et à la gastronomie

Immense coup de cœur pour cette fable moderne qui se déroule sous le soleil de Provence. Elle donne simplement le goût d’oser la vie ! Une histoire simple… Nommé chef de l’année, Gaspar s’envole pour NY afin de recevoir le prix de La Cuisine poétique. Refoulé à l’aéroport, il rentre à Paris pour découvrir sa femme au lit avec son associé. Voilà un départ fulgurant. Blessé au plus profond, il prend la route dans sa voiture luxueuse. Rapidement sans le sou, il abandonne tout et suit son destin qui l’amène dans une auberge perdue en montagne où, loin des étoiles et des macarons, il cuisinera pour les promeneurs, fera la rencontre de ripailleurs et … de Stella.
Écriture efficace et pleine de tendresse.
Le carnet de recettes illustrées en aquarelles est ravissant et sent la Provence à plein nez !

 

Un extrait pour donner la couleur 

« On était déjà au mois d’août, la plénitude de l’été avertissait, du bord des frondaisons un peu jaunies par la chaleur des derniers jours que l’automne viendrait trop vite. Gaspard eut encore une fois la trouille devant tous ces cadeaux que la vie lui faisait. Il la combattit de la seule manière qu’il connaissait : en retournant dans sa cuisine.

Il écrasa grossièrement les myrtilles sur les tranches de pain chaud, les découpa pour en faire des mouillettes, ôta le haut des œufs d’un seul geste à l’aide d’un couteau – comme on sabre le champagne – poussa la porte de la chambre avec le pied et posa le plateau sur le lit. Stella se retourna lentement vers lui avec un sourire désorienté. »

 

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :
« Stella adorait quand Gaspard faisait fondre dans un gaspacho des glaçons aux feuilles de basilic. Et, quand elle avait de l’appétit, il lui composait des nourritures plus consistantes, jouant sur des associations de saveurs simples : des rondelles de pomme de terre tièdes sur lesquelles il avait amoureusement déposé des pétales de truffe, une noix de Saint-Jacques en carpaccio avec une larme d’oursin sur une feuille de roquette, arrosée de trois gouttes d’huile d’olive. Fable moderne sous le soleil de Provence, ode à l’amour et à la gastronomie. »

À propos de l’auteure :
Née à Padoue en Italie en 1961, dans la jeune vingtaine, Simonetta Greggio s’installe à Paris pour devenir journaliste pendant. Elle collabore à des revues et magazines divers et est l’auteure d’une douzaine d’ouvrages d’art de vivre consacrés aux jardins et à la cuisine. Elle partage sa vie entre Paris, Venise et la Provence comme ses héroïnes d’ailleurs. Elle reçoit de nombreuses reconnaissances et son livre ÉTOILES est traduit en six langues, dont le russe et le coréen.

 

Titre : Étoiles
Auteure : Simonetta Greggio
Éditeur : Flammarion
Date de parution : 2006

Les cuisines du grand Midwest

Mon coup de cœur de l’été 2017

L’art de la mise en scène est un talent et Stradal le maîtrise magnifiquement bien !
Ici tout est « stagé », et j’ai l’impression qu’une place m’est toujours réservée, soit à la table ou dans l’auto, sur une terrasse fréquentée de Loring Park, à la chasse avec Jordy, au concours de barres à la Foire du comté !
Les personnages arrivent un à un, se déplacent autour du destin d’Éva, cette fascinante croqueuse de piments … On découvre discrètement sa voie, tracée à l’origine de la cuisine du papa qui concocte pour sa bébé-fille des plats sophistiqués jusqu’à ce somptueux repas qui l’installe, quelques dizaines d’années plus tard, à la cuisine d’une des grandes tables gastronomiques du pays.
Mais, autour d’elle se tisse également des vies de personnages blessés, fragilisés par le temps … jusqu’au chapitre final qui scelle la destinée d’Éva.

Quoique le traducteur ait peut-être abusé du merde, du putain et du putain de merde, «Les cuisines du grand Midwest» demeure mon coup de cœur de l’année.

Un extrait pour donner la couleur 

Qui n’aime pas les barres ? Assise dans la cuisine, elle dressa mentalement la liste de toutes les personnes qu’elle connaissait qui aimaient les barres, que ce soient les Rice Krispies, légères et croustillantes, les barres au citron, sucrées et acides, ou les barres au chocolat et au beurre de cacaouète, lourdes. Les  enfants aimaient les barres, les adolescents aimaient les barres … Pat n’aimait pas se faire mousser, mais ses barres au beurre de cacaouète avaient décroché le trophée de la Meilleure Barre à cinq reprises ces six dernières années. Toutefois, elle ne pouvait pas se reposer sur ces lauriers car il y avait quelques barres sacrément bonnes en face. Comme les barres à la cerise et au moka de Sandra, les barres aux raisins secs et à la crème aigre de Frances, les barres au citron de Corrina et les barres au caramel Kraft de Barb … (suivent quelques recettes de barres…!)

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :
Grâce à l’éducation que lui a donnée son père, Eva Thorvald est une surdouée du goût, un prodige des saveurs. Étape après étape, des fast-foods aux grands restaurants, des food trucks aux dîners privés, elle va devenir un grand chef, à la fois énigmatique et très demandé. Tous ceux qu’elle croise la regardent avec admiration ou jalousie. Mais ce don unique vient aussi d’une blessure qui, malgré le talent, ne cicatrise pas. Eva cuisine comme d’autres peignent, écrivent ou composent. Pour retrouver un peu de sérénité et le paradis perdu de l’enfance. Avec Les cuisines du grand Midwest, J. Ryan Stradal signe une vaste fresque qui, à travers la gastronomie, explore tous les milieux sociaux des États-Unis. Un roman initiatique, réaliste et poignant, porté par une impressionnante maîtrise.

À propos de l’auteur :
J. Ryan Stradal est originaire du Midwest américain. Les cuisines du grand Midwest est son premier roman. Il est également scénariste et auteur de nouvelles.

Titre : Les cuisines du grand Midwest
Auteur : J. Ryan Stradal
Éditeur : Rue Fromentin
Date de parution : 2017
Traduction de l’américain par Jean Esch
Titre original : Kitchens of the great Midwest

Pour vous le procurer

La crème était presque parfaite

« La nature est prévoyante, elle a fait pousser la pomme en Normandie sachant que c’est la région où l’on boit le plus de cidre… »! Henri Monnier

Le prochain numéro d’un magazine gastronomique sera consacré aux produits fermiers de la Normandie. Quelle belle occasion pour le duo photographe-critique de mettre en évidence le patrimoine culinaire de cette région française. Ils prévoient faire un reportage sur la Tapisserie de Bayeux, suivre les traces de Marcel Proust à Cabourg et explorer la Route du cidre… Mais, voilà que l’histoire prend une tournure imprévue : au restaurant étoilé Le Bocage gourmet, situé au cœur de la région du Calvados, un repas vire au cauchemar, en effet, un soir de dégustation, neuf clients sont intoxiqués mortellement. Quelle en est la cause … toutes les suppositions sont possibles, mais la cible est directement la célèbre sauce à la crème fraîche, spécialité incontestée et secrète du chef qui fait déplacer les foules gourmandes. Voilà que la critique gastronomique se plonge dans les secrets empoisonnés tant politiques, que gastronomiques de ce terroir normand. Un polar de bord de mer ! Bonnes vacances !

Un extrait pour donner la couleur 

« Ils retournèrent à la halle aux poissons pour y acheter quatre kilos de saint-jacques ainsi que des filets de barbue que Charles leur avait demandé de rapporter. Il envisageait de les préparer à la sauce blanche tels qu’ils étaient mentionnés dans le tome consacré au Temps retrouvé. Avec la carpe à la bière, les soles à la normande et le turbot grillé sauce hollandaise, directement inspiré par deux passages relevés Du côté de chez Swann, ainsi que le mulet au concombre pêché dans les pages d’À l’Ombre des jeunes filles en fleurs, les barbues constitueraient sans nul doute les pièces maîtresses de sa carte de poissons. » (page 97)

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :

Dans un restaurant du Calvados célèbre pour sa sauce à la recette secrète, la journaliste Laure Grenadier et son photographe Paco font halte, en vue d’un papier sur les produits fermiers de Normandie. Comme toutes les personnes ayant goûté à la sauce sont envoyées d’urgence à l’hôpital, une enquête est ouverte, qui révèle peu à peu de nombreuses intrigues locales et politiques.

À propos des auteurs :

Noël Balen, écrivain et musicien, et Vanessa Barrot, avocate d’affaires et grande passionnée de gastronomie, sont les co-auteurs de la série « Crimes gourmands » dont voici le 2e tome. Le premier tome est Petits meurtres à l’étouffée.

Titre : La crème était presque parfaite
Auteurs : Noël Balen et Vanessa Barrot
Éditeur : Points, collection « Crimes gourmands ».
Date de parution : Fayard 2014 – Points mars 2017

Pour vous le procurer

L’Ordre du Méchoui

Ou la passion de l’art de la broche

lordre-du-mechouiUn rendez-vous passionnant avec le monde culinaire du siècle dernier! Le désir d’apprentissage s’impose au rythme des déplacements du narrateur Sans Loi, devenu membre errant afin de perfectionner ses techniques et, de ce fait, en assurer une pérennité populaire, dira-t- il. Un parcours initiatique à travers les grandes cultures culinaires du monde.

Cette aventure est prétexte à raconter l’histoire de l’art de la broche – le titre me semble quelque peu réducteur… Un passage au Savoy et la rencontre avec César Ritz et Escoffier, aux cuisines du palais de Schonbrunn, à NY, se lie au Cirque Barnum, travaille chez les Vanderbilt à Newport, apprend à maitriser l’art des aiguilles chinoises et finalement fait son entrée au Québec par Grosse-Ile, comme il se doit. De plus, son parcours initiatique lui vaut la rencontre avec ses maîtres : maîtres d’armes, de cirque, d’acupuncture, d’ayurvéda et d’écriture. Une question me turlupine : la cuisine anglaise est-elle vraiment une des pires abominations … ! Peut-être quelques comptes à régler … ?

On comprend que peu de femmes aient eu le goût et l’intérêt de maîtriser l’art de la broche, mais demeure-t- il vraiment un art mâle-masculin ? En contre-partie, j’ai particulièrement apprécié l’art des marinades à travers les huiles aromatisées pour les venaisons italiennes, les épices spécifiques aux tagines magrébines, le chimichurri argentin, les laques de Chine, mais l’un ne va pas sans l’autre, c’est ainsi que l’Art du méchoui prend forme.

À travers cette fiction historique transparaît une véritable passion pour le métier de la cuisine. Lors d’un entretien avec Fabien Deglise du Devoir (fév 2017), Lionel Noël commente avec justesse cet engouement factice pour le divertissement culinaire dont les médias font leur chou-gras !!  : Cette médiatisation de la cuisine jusqu’à plus faim relève de l’artificiel, mais elle a aussi l’avantage de sensibiliser les gens, et les jeunes en particulier, à la diversité culinaire, à la découverte des saveurs, à l’existence de l’ailleurs. Objectif atteint le désir de transmission qui mène au changement est le fil conducteur de cet excellent roman-fiction : Adieu l’ortolan, bienvenue à la cuisine sous-vide !

lordre-du-mechoui-librairie-gourmande1


Un extrait pour donner la couleur

Le sentiment de pénétrer dans l’antre d’un sorcier m’étreignit profondément. « Les épices sont importantes, précisa Trinkwein (…) Mais attention au dosage !» Il me demanda de toucher les bouteilles d’huiles. Dans les armoires, il y en avait de toutes les tailles et de toutes les formes. Je relevai sur les étiquettes les inscriptions calligraphiées : olive, sésame, arachide, colza, argan, noix, noisette… Le gras, c’est la vie s’exclama-t- il en tendant la main vers sa panse. Il me fit ensuite respirer les fioles de vinaigres balsamiques, de vin, de pommes et de fruits. Il me fit zester un citron et une lime, puis une orange et un pamplemousse. Je dus en extraire les jus et les avaler d’un trait. Dès le premier signe de crispation sur mon visage, il s’enthousiasma. – Bienvenue dans le monde des marinades ! … « Ceux qui maîtrisent ces bases sont dignes de recevoir le titre suprême de maître du méchoui ! » (p. 39)

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :
Au sein d’une mystérieuse confrérie dédiée à la cuisine sur broche, des apprentis sont formés deviennent eux-mêmes maîtres, et la tradition se poursuit depuis des siècles.L’enseignement est transmis par des hommes et des femmes pittoresques, de toutes les origines et de toutes les spécialités culinaires – marinades méditerranéennes, asado argentin, wagyu japonais, lama des Andes au chimichurri -, non sans le caractère épicurien avide de plaisirs sous toutes ses formes.
De la Belgique de la fin du XIX e  jusqu’à Montréal, en 1962, Sans Loi, le narrateur, retrace son parcours au sein de l’Ordre du Méchoui, un récit dans lequel se fond l’histoire du vingtième siècle, mais qui reflète aussi ses grands enjeux; une modernisation inévitable et les divisions qu’elle entraine entre conservateurs et réformistes.

À propos de l’auteur : lionel-noel
Lionel Noël, écrivain québécois d’origine belge, est auteur de roman policier historique et de récit de guerre. Ce diplômé de l’école d’hôtellerie de Spa, s’installe à Montréal et devient au tournant de l’an 2000 un des auteurs importants du roman d’espionnage francophone canadien.

Son premier roman, Louna, lui a mérité en 2000 le prix Arthur-Ellis du livre policier francophone canadien.

lordre-du-mechoui-librairie-gourmande3
Titre : L’Ordre du méchoui
Auteur : Lionel Noël
Éditeur : Tête Première
Date de parution : 2017

Pour vous le procurer

La Cheffe, roman d’une cuisinière

a11623Quel roman tout en finesse et quelle cuisinière, tout en mystère ! Une femme qui, née dans la grande pauvreté et embauchée à 13 ans comme assistante-cuisinière par un couple obsédé par la saveur parfaite, deviendra la première femme étoilée de sa génération. À travers l’œil discret d’un narrateur, jeune assistant et amoureux éconduit, la vie de la cheffe qui
« aurait supporté sans douleur aucune, de n’être pas aimée » et qui sacrifie  tout, sa vie de femme, d’amoureuse et de mère, pour son métier et sa passion de la cuisine. Toujours réservée, retirée et imbue d’un profond désir de se tenir si loin des éloges et de l’étoile Michelin.

À la fois, pour mon plus grand bonheur, je découvre cette auteure française née de père sénégalais Marie Ndiaye récipiendaire d’un Goncourt en 2009, qui ouvre toute grande la porte de l’art sacré de la cuisine. Une lecture à recommander vivement !

Un extrait pour donner la couleur
la-cheffe1
Mais la Cheffe prit l’habitude, dès son jeune âge, de ne jamais s’endormir sans avoir fait une revue de tous les aliments consommés dans la journée, sans avoir évalué, analysé et jugé tout ce qu’elle avait eu en bouche comme tout ce qu’elle avait scruté de son regard qui voyait tout, l’arrangement des couleurs sur une assiette, la sévère beauté des cocottes de fonte dont elle avait senti déjà tout l’intérêt esthétique et appétissant de les apporter sur la table plutôt, comme le faisait tout le monde à cette époque, que de transvaser ce qui y avait mijoté, potage, civet de lièvre, ragoût de joues de bœuf, dans une soupière décorée de fleurettes niaises, dans un plat d’argent dont le poli grisâtre rendait tristes, rébarbatives les viandes brunes et c’est la raison pour laquelle elle a toujours soigneusement choisi la teinte de ses cocottes émaillées en fonction des nuances que prenaient les mets en fin de cuisson (p. 61)

la-cheffe2Quelques notes de l’éditeur (4 e de couverture) :
«Elle trouvait excessives les louanges dont on s’est mis à couvrir sa cuisine.  Elle comprenait les sensations puisqu’elle s’appliquait à les faire naître, n’est-ce pas, et que leur manifestation sur la figure des convives l’enchantait, c’est tout de même bien ce à quoi elle s’évertuait jour après jour, depuis tant d’années, presque sans repos. Mais les mots pour décrire tout cela lui paraissaient indécents.» Le narrateur raconte la vie et la carrière de la Cheffe, une cuisinière qui a connu une période de gloire, dont il a longtemps été l’assistant – et l’amoureux sans retour. Au centre du récit, la cuisine est vécue comme une aventure spirituelle.

À prmariendiayeopos de l’auteure :
Née en 1967, de mère française et de père sénégalais, elle est l’auteure d’une vingtaine de livres, romans, nouvelles et pièces de théâtre. Prix Femina en 2001, Goncourt en 2009.

Titre : La cheffe, roman d’une cuisinière
Auteure : Marie Ndiaye
Éditeur : Collection Blanche, Gallimard
Date de parution : 2016

Pour vous le procurer