Un dangereux plaisir

un-dangereux-plaisirRarement un livre m’aura inspiré, avec autant d’insistance, le goût de la bonne chère. Après avoir passé une enfance à se battre et à repousser la nourriture familiale, un coup de cœur foudroyant fait entrer Élie dans ce monde, le vrai monde de l’intérieur, celui qui travaille à toutes heures, celui qui sue, qui a trop chaud, celui qui performe, celui qui dégage l’odeur de la vie. Il pénètre dans ce monde, il écoute, il apprend, il dissèque et le destin prend la forme de la veuve Maudor qui le perçoit et lui ouvre la cuisine de son restaurant, de même que son lit avec grande générosité.
C’est ainsi que son destin le rejoint et la gloire également, cette gloire avec lequel il négocie difficilement. À lire avec lenteur et délectation !


Un extrait pour donner la couleur

Bien sûr, dans la foule des mangeurs, quelques-uns s’empiffrent avec une brutalité qu il n’aime pas. Ils revendiquent leur appétit féroce. L’appétit ne gêne pas mais ils lui font de telle déclaration d’amour sur sa cuisine qu’il se laisse emporter par l’animation croissante de son établissement.
Élie Élian, à force est pris d’un vertige. Être un cuisinier fêté, il y aspirait depuis toujours, c’est arrivé. Il se sent dépassé, se reprend… Contrôle le feu, Élian, les doses d’épices.
Tu es cuisinier ou pas ? Chef ou pas chef ? Tu dois rester le plus fort. (p.199).

Quelques notes de l’éditeur (4 e de couverture) :
En dépit de la nourriture que ses parents lui imposent et qu’il rejette avec constance, Élie Élian
s’attarde à l’arrière du restaurant qui s’est ouvert dans son quartier. Les gestes qu’il observe, les
effluves dont il se délecte sont une révélation : il sera cuisinier. Son passage dans l’établissement
de la veuve Maudor sera déterminant. Elle l’initie à l’amour fou et lui offre d’exercer son
incroyable génie culinaire. Puis ses errances dans un Paris en proie aux émeutes le mèneront
jusqu’au Trapèze, le restaurant où son destin de magicien des sens, des goûts et des saveurs
s’accomplira.

francois-valejoÀ propos de l’auteur :
François Vallejo est né au Mans en 1960. Il fait des études de lettres et devient professeur de
littérature. En 2001, son roman Madame Angeloso fera partie de la seconde sélection du prix
Goncourt et sera également retenu pour les prix Femina et Renaudot.

Titre : Un dangereux plaisir
Auteur : François Vallejo
Éditeur : Viviane Hamy
Date de parution : 2016

Pour vous le procurer

Chaque jour est un festin

Chaque jour est un festinLe dernier livre de ce couple prolifique (puisque James est décédé en juin 2015).
Chaque jour est un festin est un almanach sur le goût, l’histoire des gens, le sexe, la nourriture, le vin, sur l’art de la table qui a marqué une passion commune chez ce couple. Un florilège de tout ce qui leur a plu dans ce monde de la gastronomie. De courts feuillets avec des notes singulières sur tant de sujets variés : on y trouve donc des recettes comme celles de John Irving pour confectionner des boulettes ou celles des Salter pour le poulet Marengo, les blinis, le gaspacho et quelques cocktails. On y trouve également des conseils en tout genre, des notations historiques. Les Salter nous font ainsi partager les réflexions culinaires de la reine Victoria, JFK ou encore Winnie l’ourson. Voici  un hommage à la gloire de la nourriture et du vin, mais particulièrement sur le plaisir de les partager.

Un grand plaisir de lire quelques pages, le matin avec le premier café. Elles nous rappellent que finalement rien n’est aussi important que le plaisir de manger ce que l’on aime avec les gens que l’on aime !

festin2

Un extrait pour donner la couleur

Notre maison d’Aspen remontait au temps de la Ruée vers l’or. La cuisine était petite, le plan de travail minuscule et le sol usé, mais elle était fonctionnelle et l’on s’y sentait bien. (…) C’est dans cette pièce que nous avons commencé à cuisiner ensemble en 1976. Nous n’avons, ni l’un ni l’autre, que peu d’expérience de la cuisine, et cette pratique en commun ne fut pas le résultat d’une décision – cela s’est fait comme ça, c’est tout ! Nous cuisinions côte à côte, nous suivions des recettes. Celles de James Beard ou de Mireille Johnston, deux de nos auteurs culinaires préférés. (…)

Si nous avons écrit de livre ce n’est pas pour donner des réponses définitives, mais nous aimerions qu’il plaise à ceux pour qui, manger est plus qu’un besoin de base. (…)
Nous espérons que cet ouvrage sera lu mais aussi utilisé. La vie est faite d’une multitude de choses, et parmi les plus belles que compte cette multitude, il y a les repas. (page 9)

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :

Quel fut le menu servi sur le Titanic lors de la nuit fatale ? Comment décider qui inviter ou pas à dîner ? Où, à Paris, Samuel Beckett et Harold Pinter dégustaient-ils de la soupe à l’oignon à 4 heures du matin ? De la galette des rois de janvier à un dîner au champagne du Nouvel-An, James et Kay Salter nous offrent ce que 40 années de vie commune leur ont apporté de sagesse culinaire, de leurs propres recettes à des anecdotes littéraires, de leurs triomphes en cuisine à leurs désastres.

À propos des auteurs :

jamesNé en 1925 à New York, James Salter est décédé en juin 2015. Ce géant du roman américain, auteur  de nombreux livres est aussi un vétéran de la guerre de Corée. Il a publié son premier roman The Hunters en 1956.
Kay Salter, son épouse, journaliste et dramaturge, a écrit entre autres pour The New York Times et Food and Wine.

Titre : Chaque jour est un
Auteur : James Salter et Kay Salter
Éditeur : de la Martinière
Date de parution : 2015
Traduction de l’américain par Sophie Brissaud

Pour vous le procurer

 

Le Club des Gourmets et autres cuisines japonaises

Un bonheur de lecture et de culture !

41-W9BMojsL._SY344_BO1,204,203,200_Ces dix nouvelles nous ramènent à l’essence de ce qu’est vraiment le goût. Ces nouvelles ont été glanées dans la littérature japonaise au cours des huit derniers siècles. Pour notre plaisir, chacune d’elles est suivie d’information tant sur l’époque, la thématique, l’auteur, que sur l’évolution du moment. Elles ont souvent des titres évocateurs : Ventre vide et tête en l’Air, Deux histoires de Champignons, Cent Curiosités au Tôfu… D’ailleurs, on apprend que cette nouvelle publiée en 1782, écrite non par un cuisinier mais par un homme de lettre, aurait connu un tel succès, qu’on éditera par la suite Cent Curiosités aux œufs, à la bergamote, aux radis blancs, aux patates douces

Une culture et une cuisine peu connue, outre ce qu’on veut bien nous faire connaître et
surtout un clin d’œil à la Québécoise que je suis qui vit dans un pays qui a à peine 400
ans d’histoire !

Un extrait pour donner la couleur

La première fois que j’ai visité La Tour d’Argent, j’étais avec Takanori Ogisu, le peintre et son épouse. À première vue, il m’a semblé qu’il y avait plus de clients étrangers que de Français. J’étais en voyage, il était évident pour moi que la seule chose à faire était de nous partager un canard entier, cela coûterait ce que cela coûterait, nous sommes donc entrés. Un serveur en smoking faisait sauter le canard nu sur un plateau en argent pour prendre le bouillon. Peu après, un autre serveur nous apporta un canard numéro 243 767 qui certifiait son identité. (page 77)

ere

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture):

Si le Japon est connu comme un pays de fine gastronomie, sa littérature porte elle aussi très haut l’acte de manger et de boire. Qu’est-ce qu’on mange dans les romans japonais ! Parfois merveilleusement, parfois terriblement, et ainsi font leurs auteurs, Tanizaki, Dazai, Kafû… Du XIIe siècle à nos jours, dix gourmets littéraires vous racontent leur histoire de cuisine.

À propos des auteurs: ryoko_sekuguchi_credit_felipe_ribon

Dix auteurs, Kôzaburô Arashiyama, Osamu Dazai, Rosanjin Kitaôji, Shiki Masaoka, Kenji Miyazawa, Kafû Nagai,  Kanoko Okamoto, Jun’ichirô Tanizaki, moins connus en Occident, quoique les amateurs de littérature japonaise s’en régalent déjà sûrement!

 

Titre : Le Club des gourmets et autres cuisines japonaises
Choix et présentations : Ryoko Sekiguchi
Éditeur : POL Éditeur
Date de parution : 2013
Traduction du japonais par Ryoko Sekiguchi et Patrick Honnoré

Pour vous le procurer