La meilleure d’entre nous

Ode aux plaisirs des sens !

La meilleure d'entre nousJulie et Julia a fait un quelques petits … c’était à prévoir puisque l’idée était géniale.
Cette fois-ci, l’activité se passe autour de la pâtisserie anglaise, donc, nous pénétrons dans les coulisses d’un concours de pâtisserie, organisé par une grande chaîne d’alimentation. Ce concours a pour but de remplacer Kathleen Eaden, auteure d’un livre de cuisine célèbre publié à Londres en 1966. Les participants, 4 femmes 1 homme, (plutôt discret d’ailleurs), tous et toutes très compétitifs agressifs, mais qui, au fil de la lecture deviennent pourtant sympathiques. On s’attache à leur histoire teintée d’angoisse névrotique, à ces cœurs blessés qui ne désirent, au fond, que se reconstruire, et renouer avec leurs rêves de jeunesse. Ce tournant de vie exigera un dépassement de soi, et chacun à sa façon, tentera de l’atteindre. Par moment, on a l’impression d’assister à ces concours télévisés du genre « Qui sera le prochain grand pâtissier ? »

Les citations extraites de la célèbre pâtissière, en début de chaque chapitre, nous introduisent à chaque étape du concours. Ne serait-ce que pour cette immersion  dans l’Angleterre des années 1960, la lecture en vaut le coup ! Elle a cette réflexion sensée et sensuelle d’une Julia Child mais aussi la maitrise de l’art et de la discipline qui se résume simplement ainsi « N’oubliez pas : la pâtisserie est une preuve d’amour. »

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Un extrait pour donner la couleur

« Notre objectif est d’évaluer votre cuisson à blanc de la pâte. Pouvez-vous préparer un fond croustillant et doré à point avant d’ajouter l’appareil ? Nous ne voulons pas d’une pâte pâle et insipide, pas plus que d’une pâte brûlée. Nous attendons une garniture savoureuse qui ne déborde pas, et nous aimerions que vous gardiez à l’esprit la dimension esthétique. Kathleen Eaden était célèbre pour son usage raffiné de la couleur : de minuscules fleurettes de brocolis avec des pétales de saumon, de la betterave associée à du fromage de chèvre, des rondelles de tomates et de courgettes, ou même de la courge butternut avec du stilton. En résumé, vous devez exprimer, à parts égales, votre côté artistique et votre sens de l’innovation. Installée à l’un des postes près de la table des juges, Jenny s’affaire … » (p.261)

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :
Prenez cinq personnes qui n’ont absolument rien en commun, sauf la passion de la cuisine.
Ajoutez une compétition échevelée et montez en neige. Réchauffez jusqu’à obtenir le bon degré de tension. Tempérez avec l’histoire d’une pâtissière célèbre qui les inspire toutes. Dégustez par
bouchées volées, ou dévorez d’une seule traite.

À propos de l’auteure: sv
Après des études d’anglais à Oxford, Sarah Vaughan s’est consacrée au journalisme. Elle a travaillé plus de 10 ans au Guardian avant de publier La Meilleure d’entre nous, son premier roman. Elle vit près de Cambridge en Angleterre.

Auteur : Sarah Vaughan
Éditeur : Préludes
Date de parution : 2015
Traduction de l’anglais par Alice Delarbre (The Art of Baking Blind)

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La route du thé et des fleurs

Une biographie fascinante de « l’espion du thé».

La route du thé et des fleurs  En 1848, l’East India Company perd le monopole sur l’importation et le commerce du thé dont la Chine est le seul producteur et fournisseur. Afin de maintenir son déploiement, l’Empire britannique projette de développer ses premières plantations de thé aux Indes, mais il lui manque l’essentiel: de bons théiers et la connaissance technique de la fabrication du thé.

Alors qu’à cette époque, Pékin interdit à tout occidental de voyager dans ses terres, Robert Fortune, jeune botaniste anglais, se voit confier la mission de percer les secrets de fabrication du thé en Chine. Ne reculant devant rien et afin de passer inaperçu il s’habille à la chinoise, porte une longue natte de cheveux, et parle le mandarin. C’est ainsi que Fortune pénètre en zone interdite de la Chine où le thé est cultivé. Après avoir été un observateur attentif, il découvre et analyse les techniques de préparation des feuilles et parvient, au péril de sa vie, à rapporter jusqu’en Inde des milliers de plants identifiés comme les meilleures variétés. D’ailleurs, il sera le premier occidental à expliquer que le thé vert et le thé noir proviennent de la même plante.

Ainsi, l’espion Fortune ramènera avec lui, huit manufacturiers et sera à l’origine de l’introduction de plus de 120 espèces de plantes dans les jardins botaniques occidentaux. Mission plus que réussie pour ce digne serviteur de la Reine ! Au terme de sa mission diplomatique, Robert Fortune retournera vivre en Chine.

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Un extrait pour donner la couleur 

Nos chaises étaient prêtes; nous ne nous fîmes pas dire deux fois de partir et, un peu avant la nuit, nous arrivions à notre destination, au pied de la célèbre montagne de Sung-lo-shan, où le thé vert fut, dit-on, découvert jadis par un saint homme, fondateur d’un monastère qui subsiste encore en ces lieux et qui passe pour produire les thés les plus précieux du pays.  (p.59)

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Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :

Rien ne prédisposait l’Écossais Robert Fortune paisible botaniste, à une vie d’aventures. A la fin des années 1840, l’East India Company le fait quérir de toute urgence : il est le seul à pouvoir percer les secrets du thé chinois et de sa qualité exceptionnelle ; on attend donc de lui qu’il se fasse espion pour pénétrer en Chine, dérober les plans des meilleures variétés, étudier les techniques de préparation des feuilles. Fortune réussira : il ramènera pas moins de vingt mille pieds qui seront aussitôt plantés sur les contreforts de l’Himalaya puis à Ceylan. Ce qui fait le bonheur de son récit, outre les aventures en cascade, c’est la curiosité gourmande du voyageur rendu inconscient du danger par son émerveillement inépuisable devant les splendeurs qu’il découvre.

À propos de l’auteur : 34626477_128460766360

L’ouvrage est le récit autobiographique du voyage de ce botaniste britannique (écossais) Robert Fortune, (1813-1880), qui est envoyé en Chine pour faire de l’espionnage industriel.

Titre : La route du thé et des fleurs
Auteur : Robert FORTUNE
Éditeur : Payot
Date de parution : 1984

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La Cucina

Où l’art culinaire et l’art amoureux  se retrouvent !

cucinaUn classique qu’il faut prendre le temps de savourer ! L’action de déroule en Sicile … inutile d’insister sur le fait que l’ombre de la Mafia est omniprésente à travers ce récit.

Après la mort de son premier amour, Rosa Fiore quitte son petit village ou vivent ses frères, eux-mêmes, un peu mafieux pour s’installer à Palermo où, pendant 25 ans, elle mènera une vie plutôt solitaire et triste. Son seul loisir sera la cuisine. « Certaines se retirent au couvent…Moi, je me retirais dans ma cuisine ».

Jusqu’au jour où le bonheur entre dans sa vie … un étranger aux manières exquises qu’elle appellera l’Inglese. Et voilà que la nature ardente de la femme gourmande se réveille … La gastronomie ouvrira les portes du plaisir. Et la vie de Rosa se racontera en 4 saisons autour des plaisirs de la chair et de la chère !

Le lecteur pénètre dans cette intimité presque impudique, mais toujours délectable ! Les 2 amoureux découvrent d’autres façons  le manger – d’ailleurs elle dira « je ne mangerai plus jamais de spaghettis dans une assiette »… À vous d’imaginer la suite…  !! On rit de ses mésaventures et surtout  – on se délecte de ses aventures !87d01818cba5d404ff56a85c42c4319a

En prime, ce livre est farci de recettes siciliennes qu’on aura plaisir à reproduire !
Ce texte fait plus qu’ouvrir l’appétit – c’est d’ailleurs surprenant qu’il n’ait pas été adapté pour l’écran. Ou peut-être l’a-t-il été et je l’ignore … !

Un extrait pour donner la couleur

Pour avoir des produits que les ménagères n’avaient pas encore tripotés, il fallait à tout prix arriver au marché de bonne heure, avant d’aller au travail. J’aimais ces visites quotidiennes qui m’offraient un choix immense de fruits et de légumes joliment présentés. Les parfums des petits, pois, de la menthe, du basilic mêlés aux odeurs de la viande crue pendue aux crochets des bouchers, me rappelaient mon enfance et mon adolescence à la ferme. (page 94)

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture)

Sexe et gastronomie, passion et désillusion, le tout saupoudré de mafia sicilienne : tels sont les ingrédients du premier roman sensuel et envoûtant de Lily Prior. Chant d’amour pour l’Italie, La Cucina est une célébration de la vie. Un roman irrésistible de parodie et de satire farci d’images captivantes, de couleurs, d’odeurs et de saveurs intenses. Toutes les splendeurs d’une Sicile magique et troublante.

À propos de l’auteure: lily_prior1

Lily Prior réside à Londres. Elle aime l’Italie, ce pays qui l’a inspiré notamment pour son premier roman, La Cucina, publié chez Grasset en 2002, traduit dans plusieurs langues, de même que pour la Cucina Secunda.

Titre : La Cucina
Auteur : Lily Prior
Éditeur : Livre de poche
Date de parution : 2007
Traduction de l’anglais par Marie-France Girod

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Le Festin de John Saturnal

9782246800033FSUn grand voyage dans la cuisine du Moyen-Âge, période où la transmission du savoir passe par les liens du sang. Guérisseuse experte en plantes, la mère de John lui en a transmis tous les secrets avant sa mort. Le parcours initiatique de ce fils orphelin, sa passion amoureuse, sa connaissance des pouvoirs de la nature vont le suivre jusque dans les offices d’un château au 17e siècle, en Angleterre. Instruit par le livre que lui a laissé sa mère sur le festin des Saturnales (fête donnée en l’honneur de Saturne ou régnait la liberté et le plaisir), il apprend la cuisine auprès du Maître de Cuisine Scovell et comprend que, sans équivoque, ce sera son lieu de vie.

Il tombera éperdument amoureux de Lucretia, la fille de Lord William qui l’héberge au château. Amour impossible puisqu’elle est promise à quelqu’un de son rang. Devenu maitre de cuisine, John prépare des festins grandioses inspiré par cet amour inaccessible. La description des mets est hors normes. Et l’histoire se poursuit, bousculée par une guerre civile qui mettra fin à la monarchie.

Un roman fascinant de connaissance, de dramaturgie et de légendes ancestrales. Une écriture poétique ponctuée d’icônes représentant les Saturnales et d’extrait du livre de John Saturnal.

Amateur de « médiéval », de tout ce savoir transmis, vous aimerez !

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Un extrait pour donner la couleur 

Puis, les portes s’ouvrirent. Des aides, des découpeurs de viande, des préparateurs de volailles, des pâtissiers, des boulangers, des rôtisseurs et des porteurs se ruèrent en masse dans la cuisine. Les cuisiniers et les seconds de cuisine se bousculaient autour de Scovell, debout devant la cheminée, balançant sa louche à bout de bras. Un dernier roulement métallique résonna jusqu’au plafond voûté. – Allumez les feux ! » dans l’âtre, le couvre-feu fut soulevé. Les soufflets furent actionnés. Les braises et les tisons s’enflammèrent. – À vos postes ! Les hommes s’éparpillèrent dans un tourbillon de livrées et de tabliers. (p. 162)

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Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :

Angleterre, XVIIe siècle : Susan, guérisseuse et sage-femme lègue à son fils, John, un savoir contenu dans Le Livre du festin des Saturnal. L’orphelin est envoyé au Manoir de Buckland. Affecté aux cuisines, il pénètre dans un univers de faste et d’abondance, peuplé d’une armée de domestiques sur lequel règne Maître Scowell. Peu à peu, John s’initie au secret des fourneaux et parvient à une maîtrise parfaite de son art. A peine embauché, John s’éprend de Lucretia, le fille de Lord William. Mais leur union est impossible. Alors que John prépare le repas de noces de Lucretia et Piers, la nuit précédant le banquet, on apprend que le roi vient d’être destitué. C’est la guerre civile…Entre mythe et réalité, ce roman fascinant plonge le lecteur dans l’Histoire tourmentée de l’Angleterre du XVIIe siècle et nous invite à une odyssée culinaire riche en mets ancestraux dans les cuisines du manoir de Buckland.

À propos de l’auteur:AVT_Lawrence-Norfolk_9531

Lawrence Norfolk, né en 1963, à Londres, est connu pour ses romans historiques aux intrigues riches en détails. Après des études de littérature à King’s College, il entame une carrière d’écrivain et de journaliste. Il rédige divers articles pour des publications, dont The Washington Post, Esquire, GQ, The Times et participe aux émissions littéraires et culturelles. En 1992, il remporte le prix Somerset-Maugham avec son premier roman.

 

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Titre : Le Festin de John Saturnal
Auteur : Lawrence Norfolk
Éditeur : Grasset
Date de parution : 2012
Traduction de l’anglais par Alice Seelow

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La cucina secunda

La Cucina seconda - LILY PRIORSexe, cuisine sicilienne, fête au village, et évidemment, un peu de … mafia italienne, « je n’arrive pas à imaginer la Sicile sans Mafia », dira Rosa !
Dans ce petit village sicilien, Rosa Fiore qui nous a fait vibrer dans La Cucina– nous revient avec autant de passion, cultivant l’espoir d’une vie amoureuse réussie !
L’Inglese, l’amoureux de l’époque, la hante toujours. Elle désire qu’il s’intègre à son monde, celui où la terre produit la vie…  Elle lui apprendra la cueillette des courges, du jasmin et des asperges sauvages! Séducteur à tout venant, le bellâtre ne semble pas apprécier la vie de cul-terreux. Et pourtant Rosa insiste… chaque temps de récolte nous fait vivre l’évolution de son amour de plus en plus passionné. Et l’été, « son odeur de beurre fondu combiné à l’arôme juteux des cerises qu’il avait cueillies et mangées produisait le parfum d’une pâte à gâteau »… Généreuse, elle nous offre sa recette de son gâteau au fromage parfumé aux citrons, ainsi que les astuces pour le réussir parfaitement !
En début d’hiver, pour la fête de Santa Lucia, elle prépare la cuccia, une bouillie de blé, en guise de remerciement à la terre. Et suit l’événement des Nucatoli, ces biscuits de Noël fourrés aux amandes et au miel, et que la coutume veut que l’on offre aux voisins et amis. Puis on abat le cochon, sans contredit, la partie la plus juteuse du roman. Et toujours, en prime, ces quelques petits secrets de fabrication … Et l’année se vit ainsi, au fil des drames et des réjouissances en alternance, dans ce petit village sicilien. 481818729_small

Sexe, gastronomie, passion, mais surtout le plaisir absolu de ce que doit être la véritable cucina.
À offrir aux vrais amoureux des plaisirs de la chère !

Un extrait pour donner la couleur
« Je savais par expérience que si je cuisinais dans l’énervement, ma frittella ne serait pas aussi bonne qu’à l’accoutumée. Elle aurait un arrière-goût d’amertume (…) Quand les fèves et les pois sont tendres à point, ni trop mous ni trop fermes, on doit retirer la casserole du feu, ajouter une poignée de persil haché, un filet de la meilleure huile et laisser refroidir pour que les parfums se mêlent dans une parfait harmonie de saveurs printanières. »

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Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :

Femme indépendante et sensuelle, propriétaire d’un vaste domaine agricole en Sicile et mère d’une nombreuse famille, Rosa renoue avec un ancien amant, surnommé l’Inglese. Ils se lancent dans une relation passionnée. Mais l’Inglese, citadin un peu snob et sensiblard, a du mal à s’adapter à la vie campagnarde que mène sa maîtresse. Il suscite la jalousie du frère de lait de Rosa, Mauro.

À propos de l’auteure:lily_prior1

Lily Prior, écrivain, réside à Londres. Elle aime l’Italie, ce pays qui l’a inspiré notamment pour son premier roman, La Cucina, publié chez Grasset en 2002, traduit dans plusieurs langues, de même que pour la Cucina Secunda.

Titre : La cucina secunda
Auteur : Lily PRIOR
Éditeur : Grasset,
Date de parution : 2013
Traduction de l’américain par Marie-France Girod-Lecocq

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Un homme dans sa cuisine

« Quand j’étais petit, dans les années 50, l’idée d’un homme dans la cuisine était grotesque ». Mais un bout de vie de célibat apprendra à Julian Barnes que cuisiner peut-être un vrai bonheur! Voilà qu’il découvre, après de savantes déductions quel type de cuisinier il est, soit un obsessionnel anxieux. Çà dit tout – il a l’obsession de la perfection et il est anxieux de ne pas réussir aussi bien qu’on le dit dans les livres.

L’obsessionnel est un adepte du savoir-faire des autres, précise-t-il, donc il cuisine avec des livres de cuisine – mais il proteste contre leur imprécision, avec beaucoup d’humour ! Des imprécisions qui le dérangent profondément et qui constituent d’ailleurs des irritants pour l’obsessionnel, notamment, qu’elle est la différence entre un filet et quelques gouttes d’huile, entre trancher et découper, que signifie verser un verre de vin blanc?

Outre les recettes, il aborde différents sujets dont l’utilité des ustensiles de cuisine, la place des convives lors de réceptions intimes ou plus élaborées et tout ce qui peut l’obséder et qui semble si naturel et acquis pour les gourmets et gourmands.

Un récit drôle et intime écrit par un philosophe anglais !

Un extrait pour donner la couleur

La cuisine consiste à transformer l’incertitude (la recette) en certitude (le plat) via beaucoup de chichis !

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture)

Un des plus célèbres écrivains anglais d’aujourd’hui va nous livrer ici le désopilant récit de ses trouvailles (parfois curieuses, voir le saumon aux raisins secs), de ses échecs (souvent savoureux, voir pourquoi il a raté le lièvre à la sauce au chocolat) et de ses coups de gueule (ah, ces livres de cuisine tous aussi imprécis les uns que les autres !).

À propos de l’auteur :art-barnes2-420x0

Julian Barnes, journaliste et auteur prolifique qui a publié des dizaines de romans traduits en plus de vingt langues, dont en 1986, Le Perroquet de Flaubert pour lequel il a obtenu le Prix Médicis.

Titre : Un homme dans sa cuisine
Auteur : Julian Barnes
Éditeur : Gallimard, Folio
Date de parution :
Traduction de l’anglais The Pedant in the Kitchen par Josette Chucheportiche

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Les tribulations d’une cuisinière anglaise

Peut-être êtes-vous accros à la série télévisée Downton Abbey…

 

voici donc le livre qui l’a inspirée, décrivant les conditions de travail des domestiques et leurs rapports avec les patrons de la Haute Société anglaise au début du 20e siècle.

Margaret Powell rêve d’être institutrice, ses parents ne peuvent lui payer les études nécessaires, elle doit donc entrer en condition, c’est-à-dire devenir domestique. À 15 ans, elle devient fille de cuisine, un des statuts les plus ingrats car, non seulement elle est au service des patrons, mais également à celui des domestiques. Enfin promue cuisinière, elle aura cette liberté d’être en relation avec la patronne des lieux.

Elle passera donc toute sa vie dans les cuisines de la Haute Société pour qui les domestiques sont une race à part, «une sous-espèce vivant sous terre». Elle nous fait bien sentir ces deux univers parallèles : en haut et en bas ! Et partage une anecdote qui résume bien le rapport entre ces deux mondes : À ces débuts, alors qu’elle n’est encore que fille de cuisine, un matin, elle nettoie les escaliers, le livreur lui tend le journal et spontanément, elle le tend à Mrs Clydesdale. Sa patronne, la regarde froidement et lui dit : « Vous ne devez jamais, jamais vous m’entendez, sous aucun prétexte, me tendre quoi que ce soit avec vos mains; toujours sur un plateau d’argent. Votre mère a pourtant été en condition. Elle ne vous a donc rien appris ! » Voilà le ton qui était réservé à tous ces domestiques que la Haute Société considérait comme « un mal nécessaire » ! Selon EUX, (c’est ainsi qu’on appelait les patrons), les domestiques étaient incapables d’apprécier les bonnes choses, ni le confort; il fallait donc les nourrir très simplement, les faire travailler et les loger dans des chambres nues et glaciales…

À cette même époque, le duc de Westminster avait à son service plusieurs centaines de serviteurs, sa ménagerie humaine, comme il aimait la qualifier : majordome, femme de service, valet de pied, femme de chambre, aide-femme de chambre, gouvernante, jardinier, chauffeur, fille de cuisine, cuisinière… et j’en passe…

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À lire pour comprendre le rapport entre ces deux mondes et pour apprendre quelques détails intéressants dont le fait qu’un service de table complet de porcelaine compte 126 pièces et doit être lavé une fois/semaine … !!

Mais quel mauvais titre en français alors que l’anglais est si parlant : Below Stairs.

 Un extrait pour donner la couleur

« Une autre de mes bêtes noires, c’était le nettoyage des casseroles en cuivre. Elles se salissaient à chaque fois qu’on s’en servait. Après chaque repas, tout le brillant était parti et elles étaient à nouveau ternes. On les nettoyait avec un horrible mélange de sable, de sel, de vinaigre et un peu de farine, et on le faisait à mains nues. (…) Une fois qu’elles étaient astiquées ca faisait joli, toutes ces casseroles accrochées au mur de la cuisine; ca allait de la plus minuscule, qui ne contenait qu’une tasse à thé, jusqu’à la plus énorme ou on pouvait mettre trois Christmas puddings côte à côte. » (p. 130)

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 Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture)

Grâce à son franc-parler aux antipodes des récits de domestiques anglais trop parfaits, ce témoignage paru en 1968 a valu la célébrité à Margaret Powell. Quarante ans plus tard, il a inspiré le scénariste de Downton Abbey.

 À propos de l’auteur AVT_Margaret-Powell_6663

Née dans une famille modeste du Sussex, Margaret Powell (1907-1984) doit travailler dès l’âge de treize ans. La parution de ce livre en 1968 lui vaut la célébrité. Le succès se poursuit avec Climbing the Stairs, The Treasure Upstairs, The Margaret Powell Cookery Book. Elle devient une habituée des talk-shows et passe son bac à plus de 60 ans.

 

Titre : Les tribulations de la cuisinière anglaise
Auteur : Margaret Powell
Éditeur : Payot
Date de parution : 2013 (réédition de 1968)
Traduction de Below Stairs par Hélène Hinfray

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