L’Omnivore

Un suspense gastronomique amoral et épicé

Pour satisfaire la curiosité et les caprices des gens fortunés qui, par essence, sont omnivores, voici  un suspense dont l’action se transforme en un palmarès culinaire de morceaux de choix. L’entomologiste Youri Tremblay eh oui!, raconte comment, afin de répondre aux commandes de ces richissimes clients qui s’amusait à braver les tabous et s’ingénuaient à mêler goût du péché et péché du goût, devra braver les interdits alimentaires en vigueur en terre bouddhiste, musulmane et chrétienne. Un parcours rocambolesque et d’une écriture si fine qu’on résiste à peine à le relire !

Donc, à sa lecture, je me suis amusée à répertorier quelques dégustations spectaculaires, interdites, curieuses, risquées, recherchés par ces clients à lubies !

Quelques désirs satisfaits furent l’utérus de truie sur les pentes du Pinatubo, l’œuf de 100 ans enfoui dans l’Argile pendant des mois en Philippines, la cervelle de singe dans la Casbah algérienne, des pattes de fourmis au Laos, du ragoût de chauve-souris aux Seychelles, le hamburger de baleine en Islande, l’hippocampe séché à Dakar, le pangolin à peau écailleuse en Côte d’Ivoire, la soupe de cabot nord-coréenne, la mue de serpent au Vietnam, la terrine de crocodile en Namibie, le gâteau de hachich à Tanger, le beurre de yak au Boutan et le célèbre fugu japonais… Mais là ne s’arrête pas l’aventure ! L’Ultime tabou sera-t-il transgressé ?

Un extrait pour donner la couleur 

Le cannibalisme avait pourtant traversé de nombreuses civilisations, en particulier les sociétés précolombiennes qui lui avaient appliqué une véritable hiérarchie des convenances : chez les Aztèques, le cœur des suppliciés était réservé aux prêtres tandis que l’empereur se voyait offrir la cuisse. … (154)

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :
Dans une prison de la république de Khirghizie, un avocat globe-trotter entend parler des aventures d’un russo-vietnamien nommé Youri qui, pour satisfaire sa riche clientèle, a fait commerce de mets rares tels, par les nids d’hirondelles, les insectes ou encore les petits singes. Jusqu’à une dernière commande particulièrement étonnante.

À propos de l’auteur :
Né en 1968, Emmanuel Pierrat est avocat et conservateur du Musée du Barreau de Paris. Il est titulaire du certificat de spécialisation en droit de la propriété intellectuelle. Il a publié de nombreux ouvrages juridiques de référence sur le droit de l’édition, la liberté d’expression, le droit du commerce du livre, le droit à l’image. Il a également signé plusieurs essais sur la culture, la justice et la censure. Il est président du Pen Club français, directeur de la Grande Bibliothèque du Droit et pour occuper son temps … Secrétaire général du Musée Yves Saint-Laurent.
Une bibliographie exceptionnelle d’une centaine de livres qu’on retrouve d’ailleurs à la fin de ce  dernier roman L’Omnivore.

Titre : L’Omnivore
Auteur : Emmanuel Pierrat
Éditeur : Flammarion
Date de parution : 2019

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Saveurs vagabondes, une année dans le monde

Le Goût des voyages

900539-gfDes voyages, des aventures, beaucoup de cuisine, l’ensemble ponctué de références littéraires, Saveurs vagabondes de Frances Mayes est une délicieuse lecture d’été.

Le premier ouvrage de l’auteure: Sous le soleil de Toscane nous transporte dans les aléas des travaux de rénovation d’une villa en Toscane. Nous y rencontrons de croyants voisins à l’ombre d’un cyprès, y achetons quelques aubergines, courgettes et tomates à la vieille épicière, préparons un diner avec ces aliments simples goûtant le ciel, puis Frances Mayes nous invite à sa table dressée de vaisselles dépareillées à l’ombre d’un olivier. Une lecture qui fait goûter la Toscane et la joie des travaux.

Saveurs vagabondes nous emmène plus loin encore, le couple nanti profite de ce pied à terre situé au cœur de l’Europe pour partir à la découverte des pays voisins.
Janvier commence en Andalousie le pays des orangers, ses soirées chaleureuses, ses bars à tapas, ses vignes et sa musique.
Mars on part au Portugal sur la route des explorateurs, de Lisbonne et ses azulejos, de l’Alentejo et son terroir frugal. On mange de traqueria en traqueria et on comprend que la gastronomie portugaise à beaucoup à offrir.Saveurs vagabondes
On se fraye ensuite un chemin dans les rues de Naples, un espresso et une pointe de pizza sur le pouce et direction la Médina de Fez au Maroc où l’on rentre dans l’intimité des rues médiévales de ses persiennes et vitraux colorés, de ses odeurs et de ses secrets. Carottes au cumin, poivrons grillés, olives au citron confit et couscous traditionnel, on salive.
colette saveurs vagabondesDépart pour le terroir riche de la Bourgogne sur les pas de l’écrivaine Colette, cuisine française, bouteilles de bons crus et quête de fines herbes sur fond de littérature.
Juillet sera au jardin dans les îles Britanniques, souper de pâté de porc en croûte, cake au thé et à la cannelle ou bien un roulé à la confiture en dessert. Une toile de campagne anglaise qui évoque le paradis.
Fatigué? Va pour une croisière dans les îles grecques: Corfou, Crête, Volos, Pirée etc… en quête du bleu pur et de la cuisine méditerranéenne.

500 pages où Frances Mayes fait voyager nos sens grâce à son écriture sensuelle. Un des livres les plus gourmand que j’ai lu.
Une lecture évasion, une carte postale de saveurs et un très bon guide de voyage.

Un extrait pour donner la couleur

Les odeurs du pain qui cuit, des pavés mouillés, du poisson frit dans les boutiques de rues. Arômes de coriandre, de menthe, de gros ragoûts et de porc rôti qui filtrent aux portes des petits restaurants de quartier – les tascas. Le plat du jour – prato do dia – est affiché sur la vitrine, et nous choisissons une tasca aux tables pleines, où tout le monde s’assoit avec tout le monde. En attendant ma commande, j’admire le gâteau aux noix nappé de caramel qu’on apporte au voisin. Il s’en aperçoit, s’empare de ma fourchette et me la rend avec une bonne bouchée de son gâteau. (p148)

pain portugal saveurs vagabondes

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture):
«De la fenêtre de mon bureau, je vois la baie de San Francisco – terrain bleu encadré de tribunes d’eucalyptus. J’imagine que le vent a traversé l’Asie, survolé Hawaii, apportant avec lui – si j’avais l’odorat assez puissant – le parfum des frangipaniers. Le soleil fait une sortie grandiose à l’ouest, dans un ciel marbré de lavande et de rose. La baie engloutit l’océan ! Avec l’élan d’un tremblement de terre, une certitude sauvage point entre mes tempes. Il est temps. De partir. Temps. De partir. Et c’est tout.»
Frances Mayes s’accorde une année de vagabondages pour découvrir le métissage des cultures en Andalousie, la cuisine du Portugal, les jardins à l’anglaise, effectuer un pèlerinage littéraire dans le pays de Colette en Bourgogne, errer au hasard des ruelles de Fez. Partout elle s’immerge, se mêle, flâne au marché, pousse les portes des cuisines de restaurant, entraînant le lecteur avec elle. Elle met ses pas dans ceux d’Homère, se repose de la mer Égée à l’ombre des oliviers en Crète, mais c’est à Mantoue qu’elle rêve de s’installer, en attendant que l’appel de la route la reprenne. Le livre savoureux d’une épicurienne.

À propos de l’auteure: francesmayes
Frances Mayes est une écrivain, professeur d’université, poétesse, essayiste américaine qui partage sa vie entre Hillsborough et Cortone.

Titre: Saveurs vagabondes, une année dans le monde
Auteur: Frances Mayes
Éditeur: Folio
Date de parution: 2008
Traduit de l’américain par Jean Luc Piningre

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