Recettes d’amour et de meurtre

Recettes d’amour et de meurtre

recettes d'amour et de meurtres librairie gourmandeTannie Maria, plus large que haute, est responsable de la rubrique culinaire du journal local la Gazette du Klein Karo. Alors qu’on lui annonce la suppression de sa rubrique, elle hésite à prendre en charge le courrier du cœur, mais parvient à intégrer avec parcimonie son amour des recettes qui réchauffent le cœur. Bouleversée par l’assassinat d’une lectrice-amie, elle mène une enquête en compagnie d’une reporter-journaliste qui les transporte au cœur d’un monde sournois.

Des personnages attachants : un jardinier, une New-yorkaise enflammée, un chef de police aux moustaches rousses, une salle de rédaction où l’intrigue se tisse dénouant quelques fausses pistes, nous voilà au cœur d’une enquête où les grands enjeux écologiques secouent la planète. … Elle insiste sur les « saloperies des compagnies agricoles qui ont ruiné l’agriculture de subsistance en Afrique avec leurs produits chimiques. Pesticides, herbicides, engrais de synthèse et maintenant les OGM. C’est simplement criminel ! Et maintenant la fracturation hydraulique avec des gaz toxiques pour trouver le gaz de schiste. Ces compagnies sont la honte de la planète. Il faut les arrêter ». (212)

Ce polar gourmand nous plonge également dans la récente actualité sud-africaine notamment lors de la libération de Mandela et de cette émouvante rencontre avec Obama.

afrique du sud

Deux ajouts bonifient la finale :

– les nombreux mots Afrikaans tout au long du texte sont répertoriés dans un index à la fin appuyant ainsi la fierté linguistique de l’auteure.
– Suivent, en bonus, les recettes qui nous font saliver tout au cours de la lecture, notamment celle du fameux Gâteau parfait au chocolat et au babeurre qui devient élément de réconciliation à quelques reprises.

Un pavé de plus de 400 pages, au rythme d’une vie africaine où l’amitié, l’amour, la cuisine réconfortante et une conscience sociale en éveil valent des heures de bien-être.

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Elle ne boudent pas son plaisir à rendre les expressions métaphoriques visuellement goûteuses et colorées. Ici, l’auteure Sally Andrew et la traductrice s’amusent à les teinter de couleurs alimentaires. Je me suis amusée à en répertorier quelques-unes : Elle était aussi déterminée qu’une lionne en train de traquer son repas Elle l’a bousculé comme si elle ne pesait pas plus qu’une meringue — On a vu du sang couleur sauce tomate —
Le visage des enfants se sont décomposés comme de la pâte a gâteau quand on ouvre le four trop tôt. — Je vais vous aider a-t- il dit tout sucre, tout miel !

Un extrait pour la couleur

Dans le premier Cook with Ina Poorman, il y avait une feuille volante avec une recette de cheesecake au butternut écrite à la main. Le 2 e et 3 e , Karoo Kitchen et A Celebration of South African Food, étaient vides. Le 4 e et plus gros livre était le Cook and Enjoy. Je l’ai attrapé et une feuille s’en est échappée : la lettre que je lui avait écrite dans la Gazette avec le curry d’agneau. Elle était dissimulée dans son livre de recettes, tout comme le courrier qu’elle m’avait envoyé et que je gardais dans la version du même livre : Kook en Geniet. Cette découverte m’a donné la chair de poule. À croire que nos livres de recettes communiquaient l’un avec l’autre depuis l’au-delà… (366)

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Quelques notes de l’éditeur (4 e de couverture) :
Recette de meurtre : 1 homme trapu qui maltraite son épouse; 1 petite épouse bien tendre ; 1 dure à cuire de taille moyenne qui en pince pour l’épouse; 1 fusil de chasse; 1 petite ville du Karoo marinée au secret; 3 bouteilles de brandy Klipdrift; 1 poignée de fausses pistes et de suspects bien mélangés; 1 pincée d’envie …
Jetez tous les ingrédients dans une grande casserole et laissez lentement mijote pendant quelques années en remuant avec une cuillère en bois. Vers la fin, ajoutez le piment et le brandy, puis montez le feu.

À propos de l’auteure : sally andrew
Connue pour son engagement en faveur de l’environnement, Sally Andrew vit dans une réserve naturelle du Karoo, en Afrique du Sud. Recettes d’amour et de meurtre est son premier roman, traduit dans douze langues.

Titre : Recettes d’amour et de meurtres
Auteure : Sally Andrew
Éditeur : Flammarion
Date de parution : 2017
Traduction de l’anglais (Afrique du Sud) : Rose Labourie

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Saveurs vagabondes, une année dans le monde

Le Goût des voyages

900539-gfDes voyages, des aventures, beaucoup de cuisine, l’ensemble ponctué de références littéraires, Saveurs vagabondes de Frances Mayes est une délicieuse lecture d’été.

Le premier ouvrage de l’auteure: Sous le soleil de Toscane nous transporte dans les aléas des travaux de rénovation d’une villa en Toscane. Nous y rencontrons de croyants voisins à l’ombre d’un cyprès, y achetons quelques aubergines, courgettes et tomates à la vieille épicière, préparons un diner avec ces aliments simples goûtant le ciel, puis Frances Mayes nous invite à sa table dressée de vaisselles dépareillées à l’ombre d’un olivier. Une lecture qui fait goûter la Toscane et la joie des travaux.

Saveurs vagabondes nous emmène plus loin encore, le couple nanti profite de ce pied à terre situé au cœur de l’Europe pour partir à la découverte des pays voisins.
Janvier commence en Andalousie le pays des orangers, ses soirées chaleureuses, ses bars à tapas, ses vignes et sa musique.
Mars on part au Portugal sur la route des explorateurs, de Lisbonne et ses azulejos, de l’Alentejo et son terroir frugal. On mange de traqueria en traqueria et on comprend que la gastronomie portugaise à beaucoup à offrir.Saveurs vagabondes
On se fraye ensuite un chemin dans les rues de Naples, un espresso et une pointe de pizza sur le pouce et direction la Médina de Fez au Maroc où l’on rentre dans l’intimité des rues médiévales de ses persiennes et vitraux colorés, de ses odeurs et de ses secrets. Carottes au cumin, poivrons grillés, olives au citron confit et couscous traditionnel, on salive.
colette saveurs vagabondesDépart pour le terroir riche de la Bourgogne sur les pas de l’écrivaine Colette, cuisine française, bouteilles de bons crus et quête de fines herbes sur fond de littérature.
Juillet sera au jardin dans les îles Britanniques, souper de pâté de porc en croûte, cake au thé et à la cannelle ou bien un roulé à la confiture en dessert. Une toile de campagne anglaise qui évoque le paradis.
Fatigué? Va pour une croisière dans les îles grecques: Corfou, Crête, Volos, Pirée etc… en quête du bleu pur et de la cuisine méditerranéenne.

500 pages où Frances Mayes fait voyager nos sens grâce à son écriture sensuelle. Un des livres les plus gourmand que j’ai lu.
Une lecture évasion, une carte postale de saveurs et un très bon guide de voyage.

Un extrait pour donner la couleur

Les odeurs du pain qui cuit, des pavés mouillés, du poisson frit dans les boutiques de rues. Arômes de coriandre, de menthe, de gros ragoûts et de porc rôti qui filtrent aux portes des petits restaurants de quartier – les tascas. Le plat du jour – prato do dia – est affiché sur la vitrine, et nous choisissons une tasca aux tables pleines, où tout le monde s’assoit avec tout le monde. En attendant ma commande, j’admire le gâteau aux noix nappé de caramel qu’on apporte au voisin. Il s’en aperçoit, s’empare de ma fourchette et me la rend avec une bonne bouchée de son gâteau. (p148)

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Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture):
«De la fenêtre de mon bureau, je vois la baie de San Francisco – terrain bleu encadré de tribunes d’eucalyptus. J’imagine que le vent a traversé l’Asie, survolé Hawaii, apportant avec lui – si j’avais l’odorat assez puissant – le parfum des frangipaniers. Le soleil fait une sortie grandiose à l’ouest, dans un ciel marbré de lavande et de rose. La baie engloutit l’océan ! Avec l’élan d’un tremblement de terre, une certitude sauvage point entre mes tempes. Il est temps. De partir. Temps. De partir. Et c’est tout.»
Frances Mayes s’accorde une année de vagabondages pour découvrir le métissage des cultures en Andalousie, la cuisine du Portugal, les jardins à l’anglaise, effectuer un pèlerinage littéraire dans le pays de Colette en Bourgogne, errer au hasard des ruelles de Fez. Partout elle s’immerge, se mêle, flâne au marché, pousse les portes des cuisines de restaurant, entraînant le lecteur avec elle. Elle met ses pas dans ceux d’Homère, se repose de la mer Égée à l’ombre des oliviers en Crète, mais c’est à Mantoue qu’elle rêve de s’installer, en attendant que l’appel de la route la reprenne. Le livre savoureux d’une épicurienne.

À propos de l’auteure: francesmayes
Frances Mayes est une écrivain, professeur d’université, poétesse, essayiste américaine qui partage sa vie entre Hillsborough et Cortone.

Titre: Saveurs vagabondes, une année dans le monde
Auteur: Frances Mayes
Éditeur: Folio
Date de parution: 2008
Traduit de l’américain par Jean Luc Piningre

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Le Chaudron

Le ChaudronUn été japonais, très chaud, à vivre avec la jeune Tami et sa grand-mère. Un été rythmé par ces repas, propices aux plaisirs adolescents et aux confidences de cette aïeule qui égrène ses secrets comme si la boucle devait se boucler.
«Je trouvais toujours étrange l’extrême inégalité de sa mémoire », dira sa petite-fille à l’écoute de celle qui a vécu l’autre siècle. Tami est aux chaudrons et fait de la cuisine son lieu de privilège.
Un livre où les sens constituent la trame, comme toujours d’ailleurs, et seule la littérature japonaise réussie à nous séduire à ce point ! Un roman tendre, un roman sensuel.
Adapté au cinéma par Akira Kurosawa sous le titre Rhapsodie en août : un titre évocateur, du moins plus que celui du roman.

 

Un extrait pour donner la couleurLe chaudron1

Aujourd’hui au menu j’ai fait un pilaf de palourdes, et comme grand-mère n’a probablement jamais entendu parler de ce plat, je l’ai baptisé riz aux fruits de mer à l’occidentale. Grand-mère, la cuillère dans la main droite, a saisi une palourde de la main gauche et, ouvrant la bouche, elle a sucé bruyamment le jus du coquillage et a aspiré la chair avant de lécher du bout de la langue les grains collés à l’intérieur de la coquille. (page 77)

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Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :

Tami a dix-sept ans. Elle est en vacances chez sa grand-mère avec son frère et leurs cousins, ceci en l’absence de leurs parents partis au chevet d’un grand-oncle. Bonne ménagère, c’est tout naturellement que Tami s’installe en cuisine auprès de son aïeule.
Chaque jour au jardin, elles composent ensemble un tableau de couleurs et de saveurs, qu’elles jettent ensuite dans le chaudron avant de proposer à la famille une multitude de goûts aussi variés qu’élaborés.

À propos de l’auteure : Kiyoko

Femme de lettre japonaise, Kiyoko Murata, est née en 1945 à Yahata. En 1975, elle reçoit le prix du Festival des ans de Kyushu pour La Voix de l’eau et décide alors de se consacrer exclusivement à l’écriture. Elle a remporté de nombreux prix; elle est lauréate du prix Murasaki Shikibu de littérature en 1997 et du prix Noma en 2010.

Titre : Le Chaudron
Auteure : Kiyoko
Éditeur : Actes Sud
Date de parution : 2015
Traduction de l’anglais par Anne-Yvonne Gouzard

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Chaque jour est un festin

Chaque jour est un festinLe dernier livre de ce couple prolifique (puisque James est décédé en juin 2015).
Chaque jour est un festin est un almanach sur le goût, l’histoire des gens, le sexe, la nourriture, le vin, sur l’art de la table qui a marqué une passion commune chez ce couple. Un florilège de tout ce qui leur a plu dans ce monde de la gastronomie. De courts feuillets avec des notes singulières sur tant de sujets variés : on y trouve donc des recettes comme celles de John Irving pour confectionner des boulettes ou celles des Salter pour le poulet Marengo, les blinis, le gaspacho et quelques cocktails. On y trouve également des conseils en tout genre, des notations historiques. Les Salter nous font ainsi partager les réflexions culinaires de la reine Victoria, JFK ou encore Winnie l’ourson. Voici  un hommage à la gloire de la nourriture et du vin, mais particulièrement sur le plaisir de les partager.

Un grand plaisir de lire quelques pages, le matin avec le premier café. Elles nous rappellent que finalement rien n’est aussi important que le plaisir de manger ce que l’on aime avec les gens que l’on aime !

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Un extrait pour donner la couleur

Notre maison d’Aspen remontait au temps de la Ruée vers l’or. La cuisine était petite, le plan de travail minuscule et le sol usé, mais elle était fonctionnelle et l’on s’y sentait bien. (…) C’est dans cette pièce que nous avons commencé à cuisiner ensemble en 1976. Nous n’avons, ni l’un ni l’autre, que peu d’expérience de la cuisine, et cette pratique en commun ne fut pas le résultat d’une décision – cela s’est fait comme ça, c’est tout ! Nous cuisinions côte à côte, nous suivions des recettes. Celles de James Beard ou de Mireille Johnston, deux de nos auteurs culinaires préférés. (…)

Si nous avons écrit de livre ce n’est pas pour donner des réponses définitives, mais nous aimerions qu’il plaise à ceux pour qui, manger est plus qu’un besoin de base. (…)
Nous espérons que cet ouvrage sera lu mais aussi utilisé. La vie est faite d’une multitude de choses, et parmi les plus belles que compte cette multitude, il y a les repas. (page 9)

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :

Quel fut le menu servi sur le Titanic lors de la nuit fatale ? Comment décider qui inviter ou pas à dîner ? Où, à Paris, Samuel Beckett et Harold Pinter dégustaient-ils de la soupe à l’oignon à 4 heures du matin ? De la galette des rois de janvier à un dîner au champagne du Nouvel-An, James et Kay Salter nous offrent ce que 40 années de vie commune leur ont apporté de sagesse culinaire, de leurs propres recettes à des anecdotes littéraires, de leurs triomphes en cuisine à leurs désastres.

À propos des auteurs :

jamesNé en 1925 à New York, James Salter est décédé en juin 2015. Ce géant du roman américain, auteur  de nombreux livres est aussi un vétéran de la guerre de Corée. Il a publié son premier roman The Hunters en 1956.
Kay Salter, son épouse, journaliste et dramaturge, a écrit entre autres pour The New York Times et Food and Wine.

Titre : Chaque jour est un
Auteur : James Salter et Kay Salter
Éditeur : de la Martinière
Date de parution : 2015
Traduction de l’américain par Sophie Brissaud

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La mafia se met à table

Histoires et recettes de l’illustre société

indexPetit livre savoureux autant par les recettes qu’on y retrouve que par la découverte de ce monde mafieux, présenté avec humour. L’auteur présente 10 rendez-vous authentiques en les illustrant de véritables festins, servis lors de ces rencontres décisives, incluant les menus et les vins qui les accompagnent. Surprenant de lire le Banquet de Messine de 1860, «croyant offrir la Sicile à Victor-Emmanuel, roi de Piémont, Garibaldi vient d’en faire cadeau aux zii de la Mafia. Reconnaissants, les chefs de familles offrent au au «libérateur» un banquet qui devait lui rester sur l’estomac». À retenir, autant l’anecdote historique que les menus et recettes aux noms évocateurs : courge à l’aigre-douce, flan de châtaignes, cocktail de pâtes froides… !!

 

Un extrait pour donner la couleur

Vive Mussolini, Vive Don Cuccio, Vive la Mafia – 1924 – Quelle drôle d’idée avait eue Mussolini de venir rendre visite à cette petite bourgade de Piana dei Greci, à une heure de voiture de Palerme! Six ans plus tôt, le roi lui-même, dans ce fief mafioso, s’était aperçu que c’était un petit homme noiraud nommé Don Cuccio Cuscia qui était dans ces lieux le seul maître après Dieu. Peut-être même avant…

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Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture)

Douze ans de séjour en Italie m’ont appris que l’histoire de la Mafia s’identifie absolument avec l’histoire de la gastronomie sicilienne. Les pezzi da novante, les poids de quatre-vingt-dix, comme on appelle les capi de l’Honorable Société, en vertu de leur poids en respect, savent peaufiner leurs menus avec autant de soin qu’ils en mettent à préparer leurs crimes. Cuscinate il delitto, cuisiner le délit, est une expression insulaire dont la signification est loin d’être casuelle.

À propos des auteurs:

Jacques Kermoal a exercé la fonction de grand reporter. Journaliste, Martine Bartolomei a assuré la partie cuisine de cet ouvrage.

 
Titre : La Mafia se met à table
Auteur : Jacques Kermoal et Martine Bartolomei
Éditeur : Actes Sud et Babel
Date de parution : 1986

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Dans l’œil noir du corbeau

9782266250108Ce roman m’était passé sous le nez, j’en conviens ! Ce pseudo-polar qui commence tout doucement à la lueur d’un amour juvénile et dont l’intrigue prend forme sans trop qu’on en tienne le fil. Pourtant, cette semaine de neige avec un jeune américain, alors qu’elle n’a que 16 ans, aura des conséquences fatales sur Anne, la séduisante chroniqueuse culinaire, « animatrice de fiche-cuisine » à la télévision française. Pour exorciser cet amour qui l’obsède toujours, elle profite du congé de Noël pour se rendre à San-Francisco afin de revoir cet homme qui lui a appris l’amour.

20 ans plus tard, rencontre insoupçonnée avec l’inspecteur américain qui a enquêté sur la cause, aujourd’hui, ex-flic fatigué, vivant seul, gourmet excessif et accros aux émissions culinaires de la française filiforme. Fiction très fiction … Ô surprise de la voir apparaitre à sa porte, alors qu’en solitaire, il est à préparer son festin pour le réveillon de Noël. Voilà que c’est autour de ce couple improbable que l’intrigue s’enroule… Insoupçonnée !

J’ai adoré retrouver les recettes, évoquées dans l’histoire, qui composent le festin des 2 protagonistes, recettes originales du chef français Eric Léautey. J’ai également apprécié les mentions des musiques de films, particulièrement enregistré sous le label Blue Note que l’inspecteur – alter ego de l’auteure, nous fait écouter sur son house-boat dans ces moments d’appétit !

Belle découverte cette nouvelle auteure !

Un extrait pour donner la couleur 

Son dernier réveillon gourmand remonte à Simon Hollow – un repas sur le thème du foie gras : Tranche sur pain saupoudrée de fleur de sel et de poivre du moulin, Fondants aux mangues et oignons, Escalopes de foie gras poêlé aux fruits confits et pain d’épices, Langoustine au foie gras et au caramel de mandarine, Crumble de foie gras à la bergamote et Sucette glacée de foie gras. Le tout arrosé de Chablis. Tous deux avaient cuisiné nus sous leurs tabliers, mêlant préparation et préliminaires en un sensuel ballet derrière les fourneaux. (Pocket, p. 200)

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Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :

Paris. Pour fêter ses 40 ans, Anne Darney s’apprête à prendre l’avion à la recherche de son amour de jeunesse, Daniel Harlig, histoire de s’affranchir d’un souvenir qui l’obsède et aura contribué à l’échec de toutes ses relations amoureuses. Mais ce qu’Anne va trouver à San Francisco ne ressemble en rien à une bluette (roman de gare !) Pour connaître toute la vérité, il lui faudra convaincre un inspecteur de police fraîchement retraité, Bill Rainbow, grand amateur de gastronomie dont la corpulence n’est pas sans évoquer celle d’Orson Welles, de reprendre du service. En échange de la confection par Anne, cuisinière émérite, d’un repas de Noël digne du Festin de Babette, Bill va accepter de reprendre cette enquête qui le mènera à une découverte stupéfiante. Ce roman policier psychologique et charnel, truffé d’hommages à Alfred Hitchcock, où les secrets intimes enfouis dans le passé se mêlent aux appétits les plus crus, est ancré totalement dans l’époque, l’action se situant essentiellement aux Etats-Unis en décembre 2008, en pleine récession mondiale, un mois après l’élection de Barack Obama.

À propos de l’auteure: a0d1c624df313336313936303934363732313437

Sophie Loubière est romancière, journaliste et productrice radio. Auteure de cinq romans, de nouvelles policières et d’un livre jeunesse, elle a une grande passion pour la musique de films, qu’elle nous fait savourer dans ce livre. Elle chronique également en France pour Canal+, Cuisine.tv, ainsi que pour les magazines Rolling Stone, Synopsis et Musique Info Hebdo.

Titre : Dans l’œil noir du corbeau
Auteur : Sophie Loubière
Éditeurs : Cherche-midi : 2009; Pocket : 2014
Date de parution : 2009

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La Cucina

Où l’art culinaire et l’art amoureux  se retrouvent !

cucinaUn classique qu’il faut prendre le temps de savourer ! L’action de déroule en Sicile … inutile d’insister sur le fait que l’ombre de la Mafia est omniprésente à travers ce récit.

Après la mort de son premier amour, Rosa Fiore quitte son petit village ou vivent ses frères, eux-mêmes, un peu mafieux pour s’installer à Palermo où, pendant 25 ans, elle mènera une vie plutôt solitaire et triste. Son seul loisir sera la cuisine. « Certaines se retirent au couvent…Moi, je me retirais dans ma cuisine ».

Jusqu’au jour où le bonheur entre dans sa vie … un étranger aux manières exquises qu’elle appellera l’Inglese. Et voilà que la nature ardente de la femme gourmande se réveille … La gastronomie ouvrira les portes du plaisir. Et la vie de Rosa se racontera en 4 saisons autour des plaisirs de la chair et de la chère !

Le lecteur pénètre dans cette intimité presque impudique, mais toujours délectable ! Les 2 amoureux découvrent d’autres façons  le manger – d’ailleurs elle dira « je ne mangerai plus jamais de spaghettis dans une assiette »… À vous d’imaginer la suite…  !! On rit de ses mésaventures et surtout  – on se délecte de ses aventures !87d01818cba5d404ff56a85c42c4319a

En prime, ce livre est farci de recettes siciliennes qu’on aura plaisir à reproduire !
Ce texte fait plus qu’ouvrir l’appétit – c’est d’ailleurs surprenant qu’il n’ait pas été adapté pour l’écran. Ou peut-être l’a-t-il été et je l’ignore … !

Un extrait pour donner la couleur

Pour avoir des produits que les ménagères n’avaient pas encore tripotés, il fallait à tout prix arriver au marché de bonne heure, avant d’aller au travail. J’aimais ces visites quotidiennes qui m’offraient un choix immense de fruits et de légumes joliment présentés. Les parfums des petits, pois, de la menthe, du basilic mêlés aux odeurs de la viande crue pendue aux crochets des bouchers, me rappelaient mon enfance et mon adolescence à la ferme. (page 94)

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture)

Sexe et gastronomie, passion et désillusion, le tout saupoudré de mafia sicilienne : tels sont les ingrédients du premier roman sensuel et envoûtant de Lily Prior. Chant d’amour pour l’Italie, La Cucina est une célébration de la vie. Un roman irrésistible de parodie et de satire farci d’images captivantes, de couleurs, d’odeurs et de saveurs intenses. Toutes les splendeurs d’une Sicile magique et troublante.

À propos de l’auteure: lily_prior1

Lily Prior réside à Londres. Elle aime l’Italie, ce pays qui l’a inspiré notamment pour son premier roman, La Cucina, publié chez Grasset en 2002, traduit dans plusieurs langues, de même que pour la Cucina Secunda.

Titre : La Cucina
Auteur : Lily Prior
Éditeur : Livre de poche
Date de parution : 2007
Traduction de l’anglais par Marie-France Girod

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