Les cuisines du grand Midwest

Mon coup de cœur de l’été 2017

L’art de la mise en scène est un talent et Stradal le maîtrise magnifiquement bien !
Ici tout est « stagé », et j’ai l’impression qu’une place m’est toujours réservée, soit à la table ou dans l’auto, sur une terrasse fréquentée de Loring Park, à la chasse avec Jordy, au concours de barres à la Foire du comté !
Les personnages arrivent un à un, se déplacent autour du destin d’Éva, cette fascinante croqueuse de piments … On découvre discrètement sa voie, tracée à l’origine de la cuisine du papa qui concocte pour sa bébé-fille des plats sophistiqués jusqu’à ce somptueux repas qui l’installe, quelques dizaines d’années plus tard, à la cuisine d’une des grandes tables gastronomiques du pays.
Mais, autour d’elle se tisse également des vies de personnages blessés, fragilisés par le temps … jusqu’au chapitre final qui scelle la destinée d’Éva.

Quoique le traducteur ait peut-être abusé du merde, du putain et du putain de merde, «Les cuisines du grand Midwest» demeure mon coup de cœur de l’année.

Un extrait pour donner la couleur 

Qui n’aime pas les barres ? Assise dans la cuisine, elle dressa mentalement la liste de toutes les personnes qu’elle connaissait qui aimaient les barres, que ce soient les Rice Krispies, légères et croustillantes, les barres au citron, sucrées et acides, ou les barres au chocolat et au beurre de cacaouète, lourdes. Les  enfants aimaient les barres, les adolescents aimaient les barres … Pat n’aimait pas se faire mousser, mais ses barres au beurre de cacaouète avaient décroché le trophée de la Meilleure Barre à cinq reprises ces six dernières années. Toutefois, elle ne pouvait pas se reposer sur ces lauriers car il y avait quelques barres sacrément bonnes en face. Comme les barres à la cerise et au moka de Sandra, les barres aux raisins secs et à la crème aigre de Frances, les barres au citron de Corrina et les barres au caramel Kraft de Barb … (suivent quelques recettes de barres…!)

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :
Grâce à l’éducation que lui a donnée son père, Eva Thorvald est une surdouée du goût, un prodige des saveurs. Étape après étape, des fast-foods aux grands restaurants, des food trucks aux dîners privés, elle va devenir un grand chef, à la fois énigmatique et très demandé. Tous ceux qu’elle croise la regardent avec admiration ou jalousie. Mais ce don unique vient aussi d’une blessure qui, malgré le talent, ne cicatrise pas. Eva cuisine comme d’autres peignent, écrivent ou composent. Pour retrouver un peu de sérénité et le paradis perdu de l’enfance. Avec Les cuisines du grand Midwest, J. Ryan Stradal signe une vaste fresque qui, à travers la gastronomie, explore tous les milieux sociaux des États-Unis. Un roman initiatique, réaliste et poignant, porté par une impressionnante maîtrise.

À propos de l’auteur :
J. Ryan Stradal est originaire du Midwest américain. Les cuisines du grand Midwest est son premier roman. Il est également scénariste et auteur de nouvelles.

Titre : Les cuisines du grand Midwest
Auteur : J. Ryan Stradal
Éditeur : Rue Fromentin
Date de parution : 2017
Traduction de l’américain par Jean Esch
Titre original : Kitchens of the great Midwest

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Les délices de Tokyo

Les délices de TokyoSi je devais choisir un pays qui me fait particulièrement rêver, le Japon arrive en tête. Je ferais coïncider mon voyage avec Hanani, la fête qui célèbre la floraison des cerisiers, fête qui symbolise le printemps et le renouveau. Je prendrais le temps, observatrice du moment, des gens et mangerais un bento en contemplant ces magnifiques arbres renaissant.
La lecture des délices de Tokyo nous emmène à l’ombre de ces cerisiers et des quatres saisons. On entame un roman initiatique. Un roman doux et amer.

Un gérant d’échoppe désabusé et légèrement suicidaire confectionne tièdement des Dorayaki ces deux crêpes dorées fourrées de An une pâte de haricots rouges sucrée.
Jour après jour, il est là, derrière sa plaque de cuisson, sans vraiment y être. Personnage amorphe à la recherche de la moindre économie d’énergie, un travailleur qui s’enfonce dans un quotidien sans fierté, jusqu’à l’arrivée d’une vieille dame au chapeau bleu et aux doigts déformés surgissant de sous un cerisier en fleur. Elle cherche du travail.

Une rencontre marquante qui amènera «Patron» sakuraà prendre conscience de l’importance du travail bien fait et du respect des produits que la nature nous offre, de la puissance des préjugés face au risque de maladie et de contamination, la conscience que nous sommes plus fort à plusieurs que tout seul pour affronter les difficultés de la vie. Un combat de vie que l’on ressent au fil des mots.

Un livre qui se lit rapidement toutefois, qui aborde plusieurs autres sujets de société comme le risque de l’uniformisation du goût à cause du monopole des produits issus de agroalimentaire, la mort des petits commerces de quartier, on retrouve les thèmes de la vieillesse et de la solitude. L’auteur nous amène aussi vers des paysages plus colorés en nous parlant de sagesse, de réalisation de soi à travers un métier ou un loisir qui nous passionne, d’amitié, d’enseignement et du pouvoir régénérateur de la nature. Une lecture appréciée.

Le livre a été adapté au cinéma en 2015 par Naomi Kawase.

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Un extrait pour donner la couleur

Sentarô finit par se laisser fasciner par les haricots dans la bassine en cuivre. Les grains frémissaient dans l’eau de cuisson. Pas un seul n’avait éclaté.
Il restait encore un peu de liquide lorsque Tokue éteignit le gaz et posa une planche à découper sur le savari. D’après elle, c’était ainsi qu’on laissait reposer les haricots. Toutes ces techniques étaient inconnues de Sentarô. «C’est compliqué, tout ça», laissa-t-il échapper; ce à quoi Tokue répondit: «C’est une question de courtoisie.
– Pour la clientèle ?

   – Non. Pour les haricots.
   – Les haricots ?
   – Oui, puisqu’ils ont fait l’effort de venir du Canada.» (page 35-36)

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Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :
Pour payer ses dettes, Sentarô vend des gâteaux. Il accepte d’embaucher Tokue experte dans la fabrication de an, galette à base de haricots rouges. Mais la rumeur selon laquelle la vieille femme aurait eu la lèpre étant jeune, met la boutique en péril. Sentarô devra agir pour sauver son commerce.

À propos de l’auteur : durian sukegawa
Durian Sukegawa est poète, écrivain et clown, diplômé de philosophie et de l’École de pâtisserie du Japon. D’abord scénariste, il fonde en 1990 la Société des poètes qui hurlent, dont les performances alliant lecture de poèmes et musique punk défraient la chronique.
De 1995 à 2000, il anime sur les ondes d’une radio nationale une émission nocturne plébiscitée par les collégiens et les lycéens.

Titre : Les délices de Tokyo
Auteur : Durian Sukegawa
Éditeur : Albin Michel
Date de parution : Février 2016
Traduction: Myriam Dartois-Ako

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Le Festin de John Saturnal

9782246800033FSUn grand voyage dans la cuisine du Moyen-Âge, période où la transmission du savoir passe par les liens du sang. Guérisseuse experte en plantes, la mère de John lui en a transmis tous les secrets avant sa mort. Le parcours initiatique de ce fils orphelin, sa passion amoureuse, sa connaissance des pouvoirs de la nature vont le suivre jusque dans les offices d’un château au 17e siècle, en Angleterre. Instruit par le livre que lui a laissé sa mère sur le festin des Saturnales (fête donnée en l’honneur de Saturne ou régnait la liberté et le plaisir), il apprend la cuisine auprès du Maître de Cuisine Scovell et comprend que, sans équivoque, ce sera son lieu de vie.

Il tombera éperdument amoureux de Lucretia, la fille de Lord William qui l’héberge au château. Amour impossible puisqu’elle est promise à quelqu’un de son rang. Devenu maitre de cuisine, John prépare des festins grandioses inspiré par cet amour inaccessible. La description des mets est hors normes. Et l’histoire se poursuit, bousculée par une guerre civile qui mettra fin à la monarchie.

Un roman fascinant de connaissance, de dramaturgie et de légendes ancestrales. Une écriture poétique ponctuée d’icônes représentant les Saturnales et d’extrait du livre de John Saturnal.

Amateur de « médiéval », de tout ce savoir transmis, vous aimerez !

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Un extrait pour donner la couleur 

Puis, les portes s’ouvrirent. Des aides, des découpeurs de viande, des préparateurs de volailles, des pâtissiers, des boulangers, des rôtisseurs et des porteurs se ruèrent en masse dans la cuisine. Les cuisiniers et les seconds de cuisine se bousculaient autour de Scovell, debout devant la cheminée, balançant sa louche à bout de bras. Un dernier roulement métallique résonna jusqu’au plafond voûté. – Allumez les feux ! » dans l’âtre, le couvre-feu fut soulevé. Les soufflets furent actionnés. Les braises et les tisons s’enflammèrent. – À vos postes ! Les hommes s’éparpillèrent dans un tourbillon de livrées et de tabliers. (p. 162)

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Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :

Angleterre, XVIIe siècle : Susan, guérisseuse et sage-femme lègue à son fils, John, un savoir contenu dans Le Livre du festin des Saturnal. L’orphelin est envoyé au Manoir de Buckland. Affecté aux cuisines, il pénètre dans un univers de faste et d’abondance, peuplé d’une armée de domestiques sur lequel règne Maître Scowell. Peu à peu, John s’initie au secret des fourneaux et parvient à une maîtrise parfaite de son art. A peine embauché, John s’éprend de Lucretia, le fille de Lord William. Mais leur union est impossible. Alors que John prépare le repas de noces de Lucretia et Piers, la nuit précédant le banquet, on apprend que le roi vient d’être destitué. C’est la guerre civile…Entre mythe et réalité, ce roman fascinant plonge le lecteur dans l’Histoire tourmentée de l’Angleterre du XVIIe siècle et nous invite à une odyssée culinaire riche en mets ancestraux dans les cuisines du manoir de Buckland.

À propos de l’auteur:AVT_Lawrence-Norfolk_9531

Lawrence Norfolk, né en 1963, à Londres, est connu pour ses romans historiques aux intrigues riches en détails. Après des études de littérature à King’s College, il entame une carrière d’écrivain et de journaliste. Il rédige divers articles pour des publications, dont The Washington Post, Esquire, GQ, The Times et participe aux émissions littéraires et culturelles. En 1992, il remporte le prix Somerset-Maugham avec son premier roman.

 

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Titre : Le Festin de John Saturnal
Auteur : Lawrence Norfolk
Éditeur : Grasset
Date de parution : 2012
Traduction de l’anglais par Alice Seelow

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Chef !

Un roman nostalgique, mélancolique, mais ô combien empreint de réflexions sur une vie remplie de doutes envahissants. D’entrée de jeu, le jeune enfant s’interroge « Maman, qu’est-ce qui nous manque le plus quand on est mort ? »

Un roman nostalgique, un roman initiatique également … Kirpal, ce cuisinier à la retraite apprend qu’il est atteint d’une maladie mortelle, au moment où il reçoit une missive de son ancien employeur, lui demandant de réaliser le repas de noce de sa fille.

Au cours de ce long voyage en train, qui le mènera de Delhi au Cachemire, il se remémore les débuts de sa carrière de cuisinier, les préparations raffinées de son mentor qu’il appelait Chef, l’apprentissage des parfums, des saveurs, des odeurs dont celles accolées à l’amour, et particulièrement à l’amour interdit avec une Pakistanaise, ennemie et espionne, n’oublions pas qu’il est Indien.

Un magnifique roman, qui nous amène sur le glacier Siachen où il a travaillé, un des hauts points du monde où le thermomètre peut descendre jusqu’à – 50 degrés. On vit le conflit indo-pakistanais et la situation du Cachemire situé entre ces 2 puissances nucléaires, on est imprégné également du mépris et de la haine entre hindous et musulmans, – et de ces guerres qui n’en finissent jamais … Et avec plaisir, on découvre les charmes de la cité, l’ambiance des petits restos de campagne, les fêtes de village évidemment toujours arrosées de bons vins… où tout le monde prend le temps de se rencontrer en fin de journée.
Ce roman culinaire et sensuel, demeure un livre mystérieux dont le coeur semble impénétrable. Serait-ce pour combler en partie cette lacune, qu’on trouve un lexique, en fin de livre !

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Un extrait pour donner la couleur 

« Idéalement, je voulais devenir un légume. Les légumes ne redoutaient rien. Les carottes baisaient la terre. La vie sexuelle des carottes et des oignons était meilleur que la mienne. Les courgettes faisaient scandaleusement l’amour aux paneer, champignons, ail et tomates. Le basilic se nichait au plus profond de pâtes bien gonflées, aux noms plus sexy que la forme. »

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Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :

Un long voyage l’attend, de Delhi aux hauteurs enneigées du Cachemire, qu’il a fui quatorze ans plus tôt… Bercé par le rythme lent du train, Kip se remémore le froid polaire et les vents déchaînés soufflant la discorde sur la frontière indo-pakistanaise. C’est là pourtant qu’il apprit à mêler saveurs et parfums, comme il associe aujourd’hui cuisine, amour, et espoirs passés autour du souvenir d’une femme…

À propos de l’auteur : article-1268764610413-08BC8758000005DC-124162_636x411

Né en 1969 au Penjad, Jaspreet Singh a grandi dans la région du Cachemire et dans plusieurs villes de l’Inde, son père étant militaire de carrière. Il s’installe en 1990 à Montréal, où il obtient un doctorat en ingénierie chimique de l’Université McGill. Après une carrière de chimiste, il décide de prendre la plume. Chef, son premier roman a remporté en 2009 le Canadian Authors Association Literacy Award.

Titre : Chef ! cachmire
Auteur : Jaspreet SINGH
Éditeur : Pocket
Date de parution : 2011
Traduction de l’anglais par Laurence Videloup

 

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La Bodega

Un roman historique – Un voyage initiatique

Electre_978-2-290-02336-5_9782290023365En Catalogne à la fin du 19e siècle. Josep Alvarez, fils de vigneron – dernier de famille, a UNE grande passion : le vin! Il sait qu’il ne peut hériter de la bodega familiale, puisque ces vignes qui poussent sur le sol aride de Santa Eulâlia reviennent de droit à son frère aîné.

L’action débute précisément en 1874, à l’époque où sévissent les guerres carlistes. Comme tous les jeunes hommes du village, Josep devra s’engager dans l’armée pour gagner sa vie et connaîtra l’horreur de la guerre sous toutes ses formes.

Dégoûté de cette vie, il déserte et se réfugie au cœur du Languedoc, chez un vigneron français qui lui apprendra tous les secrets de la vigne et, évidemment, lui transmettra son amour du produit et la rigueur du travail bien fait. À partir de cet instant, Josep n’aura qu’un désir, quoiqu’il advienne, il désire acquérir la bodega familiale en Espagne, transformer cette terre aride en riche lieu de culture et fabriquer son propre vin. Une lecture agréable sur la transformation d’un vigneron, d’un vignoble  et surtout le parcours d’une vie de passion !

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Un extrait pour donner la couleur 

Quand les vignes furent vendangées et les raisins pressés, il fit le voyage de Stiges dans l’intention d’aller à la tonnellerie parler à Emilio Rivera. Il le trouva en train de déjeuner sur place d’une assiette de poisson à l’ail qu’il enfournait à grandes cuillerées, en laissant dégouliner la sauce dans sa barbe. D’un geste, il invita Josep à prendre une chaise, ce que celui-ci accepta, puis il attendit que le tonnelier eût fini son repas.

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture)

« Un best-seller de la condition humaine. Noah Gordon, l’un des auteurs américains les plus connus de tous les temps, est un homme de parole, par son talent et sa fidélité inconditionnelle aux siens… » Elle Espagne

À propos de l’auteur : El-escritor-estadounidense-Noah-Gordon-en-una-imagen-de-archivo--

Noah Gordon, romancier américain est né en 1926, dans le Massachusetts. Les thèmes principaux qu’il affectionne tournent autour de l’histoire et plus récemment sur l’Inquisition et l’histoire de la culture juive. Il est notamment l’auteur du Dernier juif, qui a remporté un vif succès à travers le monde.

 

Titre : La Bodega uvas
Auteur : Noah GORDON
Éditeur : J’ai lu
Date de parution : 2011
Traduit de l’anglais par Joseph Antoine.

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L’Embellie

« Il ne faut pas se moquer du destin » !

9782843045899Mise en situation presque magique où l’impossible se produit : En Islande à quelque 200 km au nord du cercle polaire arctique, alors qu’elle vient de se faire larguer par son mari, elle gagne, à quelques jours d’intervalle, 2 gros lots importants à la loterie …

De plus, sa meilleure amie lui demande de prendre en charge son fils – le temps d’un weekend. Ce sera plus qu’un week end … car, la voilà indépendante de fortune, elle décide de s’offrir un long voyage ! Le lecteur, présume l’Asie ou un pays du soleil … non ! elle fait ses bagages, saute dans sa bagnole et entreprend le tour de son pays, l’Islande – avec TOMI – cet étrange petit bonhomme de 4 ans, presque sourd, presque muet et affublé de très grosses loupes en guise de lunettes.

Aventures plutôt rocambolesques entre la voyageuse et son minuscule passager : la vie se passe dans le Jeep qui deviendra leur maison. Descriptions de paysages islandais tout à fait singuliers, particulièrement en novembre où la grisaille et l’humidité sont omniprésentes… Aventures amoureuses de passage … À travers ce voyage, l’auteure nous fait découvrir la cuisine de son pays qui comptait 319 575 âmes au dernier recensement de janvier 2012.

En annexe « 47 recettes de cuisine et une de tricot» où les recettes sont présentes selon l’itinéraire de cette curieuse tournée sur la côte islandaise.

Ils mangeront un peu partout et de toutes les façons… dont l’oie tuée, lors de cet accident d’auto un soir de pénombre … Elle propose donc 2 recettes pour la manger : soit l’oie sauvage islandaise et l’oie cuite à l’eau à la mode irlandaise. Elle ajoutera d’ailleurs « avec du poivre de Cayenne moulu, impossible de déceler l’origine de la matière première. »

Elle propose également une recette de Blanc de baleine aigre

Ingrédients : 1 kilo de blanc de baleine et 1 litre de petit-lait. Elle s’empresse de préciser « Préparer du blanc de baleine aigre est d’une simplicité enfantine, le principal obstacle est toutefois la pénurie de matière première. »

Une expédition qui nous emmène … en bordure de l’imaginaire, de l’imprévu … Un vrai régal !

 Émission Bien dans son assiette, à la radio de Radio-Canada.
Chronique «Littérature gourmande», Anne Fortin
20 février 2013

 Un extrait pour donner la couleur :

« Nous ne sommes pas loin d’avoir rempli deux chariots : il en pousse un devant lui, moi l’autre. Il porte la responsabilité du foyer et déborde de sollicitude à mon égard, pointe le doigt vers ceci ou cela qui nous fait défaut, va chercher des raisins secs, du riz et des spaghettis, du fromage blanc, des œufs, du hareng mariné, des œufs de lump, des galettes de seigle, du mouton fumé, des olives, du fromage de tête, du saumon fumé et de l’huile de foie de morue. Il a un goût plutôt diversifié pour un gosse de quatre ans. Il m’aide à trouver les légumes pour un pot-au-feu de mouton – il y en a de quatre sortes : rutabagas, navets, carottes et pommes de terre. » (p. 263)

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :

Roman d’initiation, L’Embellie ne cesse de nous enchanter par cette relation de plus en plus cocasse, attentive et émouvante entre la voyageuse et son passager, ainsi que par sa façon incroyablement libre et allègre – on pourrait dire amoureuse – de prendre les fugaces, burlesques et parfois dramatiques péripéties de la vie, sur fond de blessure originelle.

 À propos de l’auteur : Audur_600-e1389117830367

Audur Ava Ólafsdóttir est née en 1958 à Reykjavík. Son précédent roman, Rosa candida a été largement salué par la critique (2011, Prix des libraires du Québec; 2010, prix Page des libraires).

 

Titre : L’Embellie
Auteur : Audur Ava Ólafsdóttir
Éditeur : Zulma
Date de parution : 2012
Traduction de l’islandais par Catherine Eyjólfsso

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