La crème était presque parfaite

« La nature est prévoyante, elle a fait pousser la pomme en Normandie sachant que c’est la région où l’on boit le plus de cidre… »! Henri Monnier

Le prochain numéro d’un magazine gastronomique sera consacré aux produits fermiers de la Normandie. Quelle belle occasion pour le duo photographe-critique de mettre en évidence le patrimoine culinaire de cette région française. Ils prévoient faire un reportage sur la Tapisserie de Bayeux, suivre les traces de Marcel Proust à Cabourg et explorer la Route du cidre… Mais, voilà que l’histoire prend une tournure imprévue : au restaurant étoilé Le Bocage gourmet, situé au cœur de la région du Calvados, un repas vire au cauchemar, en effet, un soir de dégustation, neuf clients sont intoxiqués mortellement. Quelle en est la cause … toutes les suppositions sont possibles, mais la cible est directement la célèbre sauce à la crème fraîche, spécialité incontestée et secrète du chef qui fait déplacer les foules gourmandes. Voilà que la critique gastronomique se plonge dans les secrets empoisonnés tant politiques, que gastronomiques de ce terroir normand. Un polar de bord de mer ! Bonnes vacances !

Un extrait pour donner la couleur 

« Ils retournèrent à la halle aux poissons pour y acheter quatre kilos de saint-jacques ainsi que des filets de barbue que Charles leur avait demandé de rapporter. Il envisageait de les préparer à la sauce blanche tels qu’ils étaient mentionnés dans le tome consacré au Temps retrouvé. Avec la carpe à la bière, les soles à la normande et le turbot grillé sauce hollandaise, directement inspiré par deux passages relevés Du côté de chez Swann, ainsi que le mulet au concombre pêché dans les pages d’À l’Ombre des jeunes filles en fleurs, les barbues constitueraient sans nul doute les pièces maîtresses de sa carte de poissons. » (page 97)

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :

Dans un restaurant du Calvados célèbre pour sa sauce à la recette secrète, la journaliste Laure Grenadier et son photographe Paco font halte, en vue d’un papier sur les produits fermiers de Normandie. Comme toutes les personnes ayant goûté à la sauce sont envoyées d’urgence à l’hôpital, une enquête est ouverte, qui révèle peu à peu de nombreuses intrigues locales et politiques.

À propos des auteurs :

Noël Balen, écrivain et musicien, et Vanessa Barrot, avocate d’affaires et grande passionnée de gastronomie, sont les co-auteurs de la série « Crimes gourmands » dont voici le 2e tome. Le premier tome est Petits meurtres à l’étouffée.

Titre : La crème était presque parfaite
Auteurs : Noël Balen et Vanessa Barrot
Éditeur : Points, collection « Crimes gourmands ».
Date de parution : Fayard 2014 – Points mars 2017

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L’inconnu du Grand Canal

Une enquête du commissaire Brunetti

L'inconnu du grand canalLe 21e roman mettant en scène le personnage de Guido Brunetti, L’Inconnu du Grand Canal, traduction de Beastly Things, publié en 2012 vient de paraître en français.

Donna Leon nous a donné des intrigues corsées où Venise, ville qu’elle a adoptée depuis plus de 30 ans, est au cœur de l’action. Cette fois-ci, dans le Grand Canal, l’inconnu qui y flotte serait un vétérinaire de la région. Un seul trait pourra identifier la victime – mais quel trait physique …!  – il est atteint de la maladie de Madelung, troublante autant que déformante. La police envisage l’hypothèse d’une vendetta private ! En tentant de retracer son histoire, on est amené dans un abattoir sordide  « 6 ou 7 hommes avec de longues vestes en caoutchouc blanc faisaient des choses avec des couteaux et des instruments pointus, à des porcs et des moutons … d’où les bruits. » Une phrase, une seule phrase nous propulse dans l’action et tout est dit ! Et voilà pourquoi j’aime Donna Leon ! Certes, L’Inconnu du Grand Canal, ne sera pas son chef d’œuvre, mais demeure un grand plaisir de lecture !

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Un extrait pour donner la couleur 

Sur la table basse, devant le canapé, Paola avait posé deux verres de vin, un bol d’olives noires, un d’amandes, quelques gressins et une assiette de ce qui semblait être du parmesan Reggiano.  Sa mère, même à l’époque où sa famille avait connu les pires moments de misère, refusait d’acheter autre chose que du parmigiano reggiano. … Mieux vaut rien que quelque chose de pas bon, disait-elle, et c’est ce qu’il pensait encore. Paola entra dans la pièce avec une bouteille de vin à la main. Il leva les deux verres pendant qu’elle versait le vin, puis, il s’assit à côté d’elle sur le canapé. Il piqua quelques amandes et les mangea, une par une, savourant pleinement le contraste entre le sel, l’amertume des amandes et le vin. (page 197).

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture):

Qui est ce cadavre qui flottait dans le canal ? Aucun élément d’identification possible – si ce n’est une chaussure, pas de signalement de disparition dans la région de Venise. Le mystère semblait bien épais pour le commissaire Brunetti. Mais, il en est sûr, la victime ne lui est pas inconnue. C’est l’irremplaçable Mlle Elettra qui l’aide à retrouver la mémoire : l’homme avait été filmé lors des manifestations des agriculteurs à l’automne.

À propos de l’auteure: Donna Leon

Née dans le New Jersey, Donna vit à Venise depuis 30 ans, ville où se situent toutes ses intrigues. Avec son amie Roberta Pianaro, cuisinière vénitienne émérite, elle a publié récemment Brunetti passe à table.

Titre : L’inconnu du Grand Canal
Auteur : Donna Leon
Éditeur : Calman-lévy
Date de parution : 2015
Traduit de l’anglais par Gabriella Zimmermann

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Dans l’œil noir du corbeau

9782266250108Ce roman m’était passé sous le nez, j’en conviens ! Ce pseudo-polar qui commence tout doucement à la lueur d’un amour juvénile et dont l’intrigue prend forme sans trop qu’on en tienne le fil. Pourtant, cette semaine de neige avec un jeune américain, alors qu’elle n’a que 16 ans, aura des conséquences fatales sur Anne, la séduisante chroniqueuse culinaire, « animatrice de fiche-cuisine » à la télévision française. Pour exorciser cet amour qui l’obsède toujours, elle profite du congé de Noël pour se rendre à San-Francisco afin de revoir cet homme qui lui a appris l’amour.

20 ans plus tard, rencontre insoupçonnée avec l’inspecteur américain qui a enquêté sur la cause, aujourd’hui, ex-flic fatigué, vivant seul, gourmet excessif et accros aux émissions culinaires de la française filiforme. Fiction très fiction … Ô surprise de la voir apparaitre à sa porte, alors qu’en solitaire, il est à préparer son festin pour le réveillon de Noël. Voilà que c’est autour de ce couple improbable que l’intrigue s’enroule… Insoupçonnée !

J’ai adoré retrouver les recettes, évoquées dans l’histoire, qui composent le festin des 2 protagonistes, recettes originales du chef français Eric Léautey. J’ai également apprécié les mentions des musiques de films, particulièrement enregistré sous le label Blue Note que l’inspecteur – alter ego de l’auteure, nous fait écouter sur son house-boat dans ces moments d’appétit !

Belle découverte cette nouvelle auteure !

Un extrait pour donner la couleur 

Son dernier réveillon gourmand remonte à Simon Hollow – un repas sur le thème du foie gras : Tranche sur pain saupoudrée de fleur de sel et de poivre du moulin, Fondants aux mangues et oignons, Escalopes de foie gras poêlé aux fruits confits et pain d’épices, Langoustine au foie gras et au caramel de mandarine, Crumble de foie gras à la bergamote et Sucette glacée de foie gras. Le tout arrosé de Chablis. Tous deux avaient cuisiné nus sous leurs tabliers, mêlant préparation et préliminaires en un sensuel ballet derrière les fourneaux. (Pocket, p. 200)

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Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :

Paris. Pour fêter ses 40 ans, Anne Darney s’apprête à prendre l’avion à la recherche de son amour de jeunesse, Daniel Harlig, histoire de s’affranchir d’un souvenir qui l’obsède et aura contribué à l’échec de toutes ses relations amoureuses. Mais ce qu’Anne va trouver à San Francisco ne ressemble en rien à une bluette (roman de gare !) Pour connaître toute la vérité, il lui faudra convaincre un inspecteur de police fraîchement retraité, Bill Rainbow, grand amateur de gastronomie dont la corpulence n’est pas sans évoquer celle d’Orson Welles, de reprendre du service. En échange de la confection par Anne, cuisinière émérite, d’un repas de Noël digne du Festin de Babette, Bill va accepter de reprendre cette enquête qui le mènera à une découverte stupéfiante. Ce roman policier psychologique et charnel, truffé d’hommages à Alfred Hitchcock, où les secrets intimes enfouis dans le passé se mêlent aux appétits les plus crus, est ancré totalement dans l’époque, l’action se situant essentiellement aux Etats-Unis en décembre 2008, en pleine récession mondiale, un mois après l’élection de Barack Obama.

À propos de l’auteure: a0d1c624df313336313936303934363732313437

Sophie Loubière est romancière, journaliste et productrice radio. Auteure de cinq romans, de nouvelles policières et d’un livre jeunesse, elle a une grande passion pour la musique de films, qu’elle nous fait savourer dans ce livre. Elle chronique également en France pour Canal+, Cuisine.tv, ainsi que pour les magazines Rolling Stone, Synopsis et Musique Info Hebdo.

Titre : Dans l’œil noir du corbeau
Auteur : Sophie Loubière
Éditeurs : Cherche-midi : 2009; Pocket : 2014
Date de parution : 2009

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La surprise du chef

CVT_La-Surprise-Du-Chef_9103Également connu par ce livre choc, Kitchen Confidentiel, qui présente les aspects les plus négatifs du monde culinaire. Ceux qui l’ont lu savent qu’on ne va jamais chez le poissonnier le mardi … en espérant ne pas me faire d’ennemis chez les poissonniers.

Le jeune Tommy Pagano, sous-chef dans un restaurant de poissons à New York, n’a qu’un rêve : devenir un grand chef ! Les personnages qui gravitent autour de Tommy sont tous, un peu des bandits, chacun à leur façon : son oncle obèse, Sally – qui bosse pour une famille mafieuse de NY; le propriétaire du resto, un dentiste crapule reconverti dans le monde la cuisine; Michael, le chef totalement névrosé, héroïnomane évidemment – comme s’il en fallait toujours un en cuisine ! Finalement, tous ces personnages sans scrupule, ont un rapport très tendu avec les mafieux !

On saisit rapidement le niveau d’humour, le 2e degré qui allège ce polar aux intrigues assez retors… et dans le fond… n’est-ce pas ce qui caractérise Bourdain… ce savant mélange d’humour et d’action ! Divertissant !

Un extrait pour donner la couleur

On a discuté du menu, des trucs comme ça. Lui n’a pas arrêté de râler à cause de son couteau personnel. Il paraît que c’est fabriqué sur commande au Japon, que ça coûte un million de dollars, qu’il a été fait d’après les mensurations exactes de sa main. Toujours est-il qu’il rouspète qu’on le lui ait bousillé. L’autre jour, il s’aperçoit que son couteau a été comme martelé, ébréché de partout, la lame tordue. Comme si quelqu’un avait essayé de cisailler des barbelés avec.

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Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture)

La Surprise du chef est le premier roman d’Anthony Bourdain qui fut restaurateur à New York, après avoir été plongeur dans un restaurant de poissons en Gironde, puis à Tokyo et à Paris. Il a depuis écrit un best-seller sur tous les secrets des restaurants américains que certains disent plus proches de Quentin Tarantino que des chefs plus conventionnels. Ce roman raconte l’histoire des relations d’un chef et de membres de la mafia qui s’intéressent d’un peu trop près à la vie du restaurant.

À propos de l’auteur: bourdain-540ac89621a493e2687d239e1a4f0ac2a8b4ea17-s800-c15

Né en 1956, Anthony Bourdain est un passionné de cuisine. Il a travaillé dans plusieurs restaurants new-yorkais. Aujourd’hui, il s’est éloigné des fourneaux et anime l’émission Anthony Bourdain : No reservation.

Titre : La Surprise du chef
Auteur : Anthony Bourdain
Éditeur : Folio Policier
Date de parution : 2002
Traduction de l’américain par Hugues de Giorgis

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Le cuisinier de Talleyrand

Un polar culinaire historique sous-titré Meurtre au congrès de Vienne

le-cuisinier-de-talleyrandEn 1814, l’Autriche accueille le Congrès de Vienne où les grandes nations européennes devront décider de l’avenir de la France, dont les armées de Napoléon viennent d’être battues.
Voilà qu’entre en scène l’émissaire français, le prince de Talleyrand qui rayonnera dans l’art de la diplomatie, notamment grâce, en partie aux services de ce génie de la cuisine, Antonin Carême, considéré encore aujourd’hui comme un des grands maîtres de la cuisine française.

La mise en situation historique est réelle. Mais pour la suite, voilà qu’on découvre un cadavre dans les cuisines de Carême, celui d’un rôtisseur, dont le corps est atrocement mutilé. Alors commence l’enquête. Il est tout de même agréable de se promener dans les rues de Vienne en compagnie des enquêteurs, puis de pénétrer le monde souterrain des cuisines de Carême, où le personnel s’affaire dans des conditions si difficiles, de l’aube à la nuit…Très beau livre où les mœurs de l’époque sont décrites avec précision.

Talleyrand

Talleyrand

Tous les lecteurs seront bien servis : autant l’amateur de cuisine, que l’amateur d’histoire, d’intrigue policière ou de considérations politiques. Et pour la réalité historique, chaque menu servi par Carême lors des banquets du Congrès de Vienne, est présenté en tête de chaque chapitre.

À VOIR : Excellent film Le Souper de Talleyrand d’Edouard Molinaro (1992) mettant en vedette Claude Brasseur et Claude Rich, un duel verbal extraordinaire entre Talleyrand et Fouché, dont l’enjeu est l’avenir de la France. À se procurer dans les cinémas de répertoire.

Un extrait pour donner la couleur

Il alla jusqu’à la grande table de bois. À peine protégés d’un torchon, deux gros lièvres, préparés pour le lendemain, y attendaient, l’oeil humide, dépecés, écartelés sur une planche en liège. Ils finiraient en côtelettes, en terrines et en pâtés. Un peu plus loin, un cuisseau de marcassin à la mode de Tours trempait piteusement dans sa marinade au vin de Touraine. (p. 145)

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Carême

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture)

Au printemps 1814, les puissances qui ont enfin vaincu Napoléon se réunissent à Vienne pour se partager l’Empire. Deux cents délégations, des milliers de participants, une quinzaine de souverains s’installent dans la somptueuse capitale autrichienne. L’affaire semble devoir se jouer entre la Russie, la Prusse, l’Angleterre et l’Autriche, mais un génie de la diplomatie va renverser les pronostics. Le Français Talleyrand devient l’arbitre des négociations. Pour circonvenir les plus réticents et les étourdir dans les fastes et les plaisirs, il engage Antonin Carême, cuisinier des rois et roi des cuisiniers. Au milieu de ces festivités, un nommé Maréchal est sauvagement assassiné. Tous les éléments convergent sur un suspect, a priori, insoupçonnable. Carême a-t-il tué Maréchal ?

À propos de l’auteur : AVT_Jean-Christophe-Duchon-Doris_1138

Le Français Jean-Christophe Duchon-Doris vit à Marseille. Outre des publications juridiques et des charges d’enseignement, il est également auteur de romans historiques.

Titre : Le Cuisinier de Talleyrand
Auteur : Jean-Christophe Duchon-Doris
Éditeur : Julliard et 10-18
Date de parution : 2006

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Meurtre au Ritz, Michèle Barrière

Une intrigue captivante ! Une histoire intrigante !

Meurtre au Ritz - Michèle BarrièreTout de go ! J’aime Michèle Barrière. J’aime cette femme pleine d’énergie dont l’esprit roule à 100 milles à l’heure !! Son dernier polar toujours dans ce créneau qu’elle manie avec grand art, l’histoire culinaire française revisitée à travers quelques noms accrocheurs! Cette fois-ci, un couple qui a traversé l’histoire : Auguste Escoffier / César Ritz. Ainsi, César Ritz et son ami dédié, l’illustre chef Auguste Escoffier se préparent fébrilement à l’ouverture d’un nouveau restaurant très attendu des richissimes Parisiens. À quelques jours de l’inauguration, on retrouve dans la chambre froide, suspendu aux crocs de bouchers, le cadavre d’une jeune femme – Juliette la sœur d’un anarchiste. L’enquête est confiée au neveu d’Escoffier, jeune journaliste culinaire au magazine Pot-au-feu dirigé par Philéas Gilbert, dont la fiancée féministe, issue de famille aristocrate sera partie prenante de l’enquête qui nous révélera un monde sans scrupule où s’affrontent anarchistes, ultranationalistes et antisémites. L’authenticité, la singularité et la diffusion de la cuisine nationale de chaque pays, revendiquées par les anarchistes seront au cœur de l’intrigue.

« Nous avons reçu une lettre de menaces tout comme le Savoy de Londres, le Sacher de Vienne, le Grand Hôtel des Thermes à Salsomaggiorre, le Kaiserhof à Wiebaden» (p. 175). La grande histoire de l’hôtellerie de luxe, finalement!

En exergue, quelques recettes issues du Guide culinaire d’Auguste Escoffier sont fournies dont celle des Cailles aux cerises ainsi que les Asperges à la milanaise.

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César Ritz

      Un extrait pour donner la couleur 

Michèle Barrière nous offre le luxe de revisiter une citation gargantuesque du fameux Ventre de Paris, de Zola, le contemporain de cette intrigue. « Il songea que nul mieux que Zola n’avait pu décrire l’abondance et la splendeur. Il se remémora le passage du Ventre de Paris où la belle Lisa disposait dans des plats de porcelaine blanche, les saucissons d’Arles et de Lyon entamés, les langues et les morceaux de petit salé cuits à l’eau, la tête de cochon noyée de gelée, un pot de rillettes ouvert et une boîte de sardines dont le métal crevé montrait un lac d’huile; puis, à droite et à gauche, sur des planches, des pains de fromage d’Italie et de fromage de cochon, un jambon ordinaire d’un rose pâle, un jambon d’York à la chair saignante sous une large bande de graisse. Et il y avait encore des plats ronds et ovales, les plats de la langue fourrée, de la galantine truffée, de la hure aux pistaches; tandis que, tout près d’elle, sous sa main, étaient le veau piqué, le pâté de foie, le pâté de lièvre, dans des terrines jaunes. » (p. 102)

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Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture)

Michèle Barrière, la reine du polar historico-gastronomique, signe ici une nouvelle intrigue captivante de la saga Savoisy, où la grande Histoire se mêle avec brio aux mets les plus fins de l’hôtellerie de luxe.

À propos de l’auteure: barriere

Membre du conseil scientifique de Slowfood France, Michèle Barrière est l’auteure de la série Histoire en cuisine pour la télévision.

Titre : Meurtre au Ritz
Auteur : Michèle Barrière
Éditeur : Livre de poche, policier
Date de parution : 2013

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Meurtres et autres sucreries

Un polar à l’humour noir décapant et délectable

r_2200_sJournaliste, acteur, chansonnier et star de la télé brésilienne, Jô Soares manie l’humour noir, confirmant, sans l’ombre d’un doute, que la gourmandise est vraiment un péché « mortel ».

En 1938, un tueur en série sévit dans les rues chaudes de Rio. Huit femmes corpulentes sont enlevées, gavées de pâtisseries, jusqu’à l’étouffement. Je ne dévoile aucun secret, car c’est ainsi que débute ce polar, plein d’humour… En effet, dès le début, on apprend que l’assassin croque-mort part à la chasse aux grosses par pure vengeance de sa mère qui, elle-même obèse, lui a interdit formellement de devenir gros.

L’obésité ne se formalisant ni du statut social, ni de l’âge de la personne, ses victimes sont choisies sans autre lien évident que leur extrême embonpoint. Une prostituée polonaise, une nonne trop gourmande, une cantatrice allemande de passage seront gavées de leur dernier repas. C’est ainsi qu’une tartelette à la crème ou une suave mousse au chocolat deviendront arme du crime.

Pour résoudre cette énigme loufoque, le commissaire Noronha, s’adjoindra un ex-policier portugais, devenu maître-pâtissier dont « la passion pour la gastronomie se manifestait dans sa circonférence », précisera l’auteur. On se surprend à sourire et même à rire en suivant le tueur dans ses guet-apens pour attirer les candidates idéales.

Outre le fait que ce polar est un guide pour circuler simplement dans la ville de Rio, il est également un livre de recettes de la cuisine portugaise, qu’on a le plaisir de découvrir en compagnie de l’ex-policier-pâtissier. Chaque crime devient prétexte à nous faire saliver.  … Les commentaires à la radio sont entrecoupés de publicités de l’époque, qui souvent nous font éclater de rire !

Inutile de se creuser la tête pour dénouer l’intrigue, voici un polar truculent, teinté d’humour subtil qui appelle à la détente. Un polar qui nous fait sourire, forte recommandation … Mais au fait, ce polar serait-il politiquement incorrect !?!

Un extrait pour donner la couleur :

« Tout en versant et versant encore, Charon déclame la recette de sa mère comme si c’étaient des vers de Camoès, le grand poète de la renaissance portugaise :
Faire fondre le chocolat au bain-marie,
Tout en y ajoutant petit à petit le beurre.
Puis versez le lait bien chaud
Et, cesser de tourner le sucre.
Séparez le blanc et le jaune des œufs
Et battez les blancs en neige. incorporez-les au mélange.
Puis les feuilles de gélatine que vous aurez dissoutes dans l’eau froide… »

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Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture)

Rio de Janeiro, peu avant la Seconde Guerre mondiale. Un tueur sec et décharné ne s’attaque qu’aux femmes grosses, très grosses… Son appât ? D’inoffensives et délicieuses pâtisseries …

À propos de l’auteur 701_jo

Né à Rio de Janeiro, Jô Soares est l’un des auteurs les plus appréciés du public brésilien par ses activités multiples : cinéma, radio, théâtre et presse. Il est l’auteur de best-sellers internationaux publiés dans une douzaine de pays.

 

Titre : Meurtres et autres
Auteur : Jô SOARES
Éditeur : Hurtubise, 2013
Titre : Les yeux plus grands que le ventre
Éditeur : Gallimard, Folio policier, 2014
Traduit du portugais par François Rosso

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