La nostalgie des buffets de gare

La nostalgie des buffets de gare… si loin du Starbuck Café… !

La nostalgie des buffets de gare.inddEssai fort nostalgique à la française!  Les gares, plus en France qu’au Québec, quoique… constituent des lieux empreints de nostalgie et les voyages en train demeurent les sources d’inspiration à l’infini pour tous ces auteurs- voyageurs – travel writers – qui dégustent le temps !
Duteurtre développe son amour de l’ambiance de ces lieux d’autrefois, de ce monde bruyant, fumant ou l’odeur précédait l’arrivée du lent mastodonte et où les jolies valises faisaient office de cartes de visite ! Les dames qui sentaient bon, les travailleurs pressés, les voisins qui, empreints d’une tristesse ou d’une joie exubérante vous considéraient déjà comme un intime !
Mais l’auteur dénonce également cette société obsédée par le temps, le profit et la vitesse à travers cet essai nostalgique sur les trains, les gares et leurs transformations.

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Un extrait pour donner la couleur

«On peut regretter les trains d’autrefois, faire l’éloge paradoxal de la lenteur, verser une larme sur les passages à niveau, se rappeler le sifflet des chefs de gare… On peut regretter même ce chauffage impossible à régler, ces voisins qui vous faisaient manger face en mangeant un œuf dur, un sandwich au pâté et une banane puante… même lorsqu’on est irrésistiblement nostalgique, il faut admettre que la possibilité de rentrer de Nantes à Paris en 2h55 exactement, confortablement assis, avec une prise de
courant pour brancher son ordinateur… marque indéniablement une forme de progrès dans lequel ce que nous avons engagé vaut bien ce que nous avons perdu! »

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :
Décrivant ses errances dans les « trains déclassés » et ses attentes infinies Benoît Duteurtre nous fait voir le revers du TGV. Il ne cache pas sa nostalgie des buffets de gare (transformés en Starbucks Coffee) ou des wagons-lits (sacrifiés sur l’autel de la rentabilité). Mais, surtout, il bouscule certaines urgences de notre société comme le démantèlement des services publics, la passion des marques, l’obsession sécuritaire ; tout ce qui contribue à asservir nos vies en éliminant la part d’imprévu et de poésie.

À propos de l’auteur: duteurtre-benoit
Benoît Duteurtre a écrit une vingtaine de romans et d’essai, dont l’Opérette en France et Ma belle époque.

Titre : La nostalgie des buffets de gare
Auteur : Benoit Duteurtre
Éditeur : Manuels Payot
Date de parution : 2015

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Le ventre de Paris

Ventre de paris,leCe livre fait partie de la grande littérature, celle qu’on dévore, mais particulièrement celle dont on se souvient !
Amateur de romans gourmands, le Ventre de Paris me semble le livre culte.

Le ventre de Paris, ce sont les Halles de Paris – ce lieu mythique du 19e siècle, au cœur de la ville, avec « ses étals de marchands qui proposent des montagnes de mangeailles, de viandes saignantes, de pâtisseries généreuses  …. »
L’intrigue – puisqu’il en faut une – se situe autour du destin de Florent, jeune homme maigrelet et fringant, évadé de prison, révolutionnaire, qui suscite l’amour de toutes ces femmes, autant la poissonnière que la charcutière et la pâtissière.

Au quotidien, on absorbe la vie des ouvriers, des manœuvres, des petits commerçants méprisée par la bourgeoisie. Les méfiances grossières et les jalousies mesquines et arrogantes mais surtout on baigne dans cette lutte pour la survie où, évidemment réussir à manger devient une préoccupation de tous les instants.

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Des milliers d’études, sous toutes les formes : mémoires, thèses, documentaires, films…  ont été réalisées sur ce lieu mythique, Les Halles, et sur cette œuvre magistrale de Zola, le Ventre de Paris ! Loin de moi l’idée de m’y astreindre ! Qu’une recommandation : vous qui jouissez d’heures à consacrer à la lecture, n’hésitez une seconde àplonger dans ce monde fascinant.

Un extrait pour donner la couleur

Les soirées, devenaient froides. Dès qu’on avait dîné, on passait dans la cuisine. Il y faisait très chaud. Elle était si vaste d’ailleurs, que plusieurs personnes s’y tenaient à l’aise​, sans gêner le service, autour d’une table carrée, placée au milieu. Les murs de la pièce éclairés au gaz étaient couverts de plaque de faïence blanches et bleues, à hauteur d’homme. ​À gauche, on trouvait le grand fourneau de fonte, percé de trois trous, dans lesquels trois marmites trapues enfonçaient leurs culs noirs de la suie du charbon de terre; au bout, une petite cheminée montée sur un four et garnie d’un fumoir, servait pour les grillades; et, au-dessus du fourneau, plus haut que les écumoires, les cuillers, les fourchettes à longs manches, dans une rangée de tiroirs numérotés, s’alignaient les chapelures, la fine et la grosse, les mies de pain pour paner, les épices, le girofle, la muscade, les poivres. (GF-Flammarion, p. 135)

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Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :

Troisième volume des Rougon-Macquart, Le Ventre de Paris, publié en 1873, jette un regard sans concession sur le Second Empire, partagé entre les fripouilles et les profiteurs, l’injustice pour les uns, la misère pour les autres. Remarquable fiction romanesque, c’est aussi un tableau de la capitale, où Zola, tel un impressionniste, à coups de petites touches, se fait le peintre de la modernité. On y trouve une histoire de Paris, des notes relatives au fonctionnement de la police et surtout le décor somptueux des Halles, depuis son architecture en fer et en verre jusqu’à ces évocations superbes d’étalages de fruits et légumes, de viandes et poissons en toutes saisons. Autant
d’évocations qui sont de véritables natures mortes, et qui n’en laissent pas moins flotter, au fil des pages, quelques parfums délicieux.

À propos de l’auteur: portraitZola

Doit-on vraiment vous présenter Emile Zola (1840-1902) ???

Titre : Le ventre de Paris
Auteur : Émile Zola
Éditeurs : Cherche-midi : 2009; Pocket : 2014
Date de parution : 1873

Pour vous le procurer

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