Le discours amoureux des épices

Le monde envoûtant des parfums et des couleurs

Auteure de nombreux livres célébrant la cuisine du Maroc, dont Douceurs du Ramadan et le Meilleur de la Cuisine marocaine, Fatéma Hal, est cheffe propriétaire du restaurant Mansouria, situé à Paris.

Voici une façon efficace de diffuser l’information sur sa culture et sur la place prépondérante occupée par les épices. Sous le couvert d’une intrigue, à mon avis sans grand intérêt, en compagnie d’un amoureux évanescent, elle sillonne une route des épices et nous initie à leur utilisation harmonieuse ainsi qu’à leur surprenant parcours à travers les siècles. La Marocaine présente l’impériale Ras-El Hanout, composée de 27 épices, et nous fait informe sur l’intrigante Maajouna, cette confiture illicite composée de poudre d’amandes, de noix et de jus de haschisch formée en petites boules qu’on glisse dans les théières…

Et voilà que la table est mise pour la suite dans ce mystérieux monde arabe, le monde envoûtant des parfums et des couleurs.

 

Un extrait pour donner la couleur

« Si les habitants de Casablanca aiment manger marocain chez eux, à l’extérieur ils préfèrent la cuisine japonaise, française, italienne … je ne comprends pas comment on peut encourager le tourisme et faire découvrir notre culture sans mettre en valeur notre gastronomie. » (120)

(N’est-ce pas cette même réflexion applicable à notre cuisine québécoise dont l’offre touristique se concrétise en poutine ou pâté chinois.)

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture)
Zahra, célèbre restauratrice, vient de terminer sa conférence sur les épices lorsqu’elle est abordée par un homme élégant et distingué. Se présentant comme Claude Freeman, homme d’affaires, il lui fait une demande étonnante : créer pour sa femme une composition d’épices unique. « Votre prix sera le mien », ajoute-t-il. Troublée, elle accepte. En Hollande, au Maroc, ils iront à la découverte du macis, du safran, du carvi, de la nigelle, de la gomme arabique… Qui est le véritable Freeman, pourquoi tant d’ombre sur sa vie, quel secret dissimule-t-il ? Le discours amoureux des épices nous entraîne par cette histoire chargée de mystères.

À propos de l’auteure :
Fatéma Hal, ethnologue, propriétaire du restaurant Le Mansouria, est célébrée dans le monde entier pour ses conférences sur la cuisine – l’un des derniers liens qui reste à l’humanité – ainsi que sur les épices, leur utilisation, l’histoire de leurs origines et des conflits qu’elles ont générés à l’époque où certaines se vendaient à prix d’or. Auteure de nombreux ouvrages, elle signe son premier roman

 

Titre : Le discours amoureux des épices 
Auteure : Fatéma Hal 
Éditeur : Zellige
Date de parution : 2018

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Chambre 1002

Ou la force des Muses

Comme j’aurais aimé faire partie de ces muses de la Chef, Marie l’artiste, Gabrielle l’actrice, Ornella la sommelière, Justine le nez et Viviane la journaliste, dont la gourmandise est une merveilleuse source de bonheur partagée. Peut-on rêver meilleur aréopage !
À Paris, elles nous entraînent prendre un verre à l’Écluse et l’auteure en profite pour parler de l’excellent roman de son amie Geneviève Lefebvre Toutes les fois où je ne suis pas morte, ainsi que de l’essai hilarant de Julian Barnes, Un homme dans sa cuisine dans lequel il fait part de ses angoisses en cuisine. Recommandations partagées!

Chrystine est vraiment une épicurienne ! Elle en profite pour faire ses recommandations d’achat  pour le meilleur. Ainsi, à Montréal, on se procure le fromage chez Bleu et Persillé, son dessert chez Rhubarbe et on apporte son vin Aux Héritiers. À Paris, on prend le thé chez Mariage Frère, un verre à l’Écluse et on se pourlèche de la glace aux marrons de Berthillon; à New York, on consulte le menu d’Eleven Madison Park, et on flâne au Chelsea Market ! À Québec, ça va de soi,  au Tempura du Pavillon Lassonde à la table de Marie-Chantale Lepage.

Mais ce roman vaut plus que l’étalage des bons et beaux lieux, il met particulièrement en évidence la force de l’amitié manifestée sous toutes formes. Ne jamais sous-estimer l’impact d’un regard compatissant, d’un sourire, d’une démarche aussi mince soit-elle à une personne malade ou en état de dépendance. La vie souvent ne tient qu’à cela !

Un extrait pour donner la couleur 

« Figure-toi que les amies d’Hélène Holcomb pensent qu’elles peuvent solliciter son cerveau et l’amener à se réveiller en lui faisant sentir des odeurs de cuisine qu’elle a toujours aimées… Les arômes n’avaient peut-être pas encore agi sur Hélène, mais modifiaient doucement l’ambiance qui régnait dans l’aile où dormait la célèbre chef, en s’opposant aux relents des produits d’entretien, de sueur, de malades, tandis que les couleurs pimpantes de la salade fattouche, de la charlotte aux framboises, du tajine de poulet au citron confit, de la glace à la pistache appelaient de la joie en ces lieux si ternes. (149)

Quelques notes de l’éditeur (4e de couverture) :
Hélène, chef montréalaise mondialement connue, se rend à New York afin d’y recevoir un prestigieux prix culinaire. Sur le chemin du retour, la tragédie frappe : elle est retrouvée inconsciente à la suite d’un brutal accident de voiture. Simple malchance ou acte prémédité ? Les enquêteurs travaillent à éclaircir le mystère, mais les pistes demeurent floues autour de cette femme apparemment sans ennemis. Hélène, plongée dans un profond coma, est veillée par ses amies les plus proches qui, après plusieurs semaines passées sans observer de progrès, mettront en place une ingénieuse stratégie aromatique pour tenter de ramener à la vie celle qui était le pilier de leur groupe.

À propos de l’auteure :
Chrystine Brouillet a écrit plus d’une cinquantaine de romans, surtout policiers. Elle fait partie des quelques rares auteurs québécois à vivre de sa plume. Ces héroïnes, à l’image de son auteure, cultivent un doux penchant pour la gourmandise.

Titre : Chambre 1002
Auteure : Chrystine Brouillet
Éditeur : Druide
Date de parution : 2018